Ski alpin

17 février 2019 13:40; Act: 17.02.2019 13:40 Print

Yule: «J'ai lâché un gros juron»

par Christian Maillard, Åre - A Åre, le skieur suisse le plus constant de l'hiver a commis la faute au pire moment.

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«Je n'ai aucun reproche à me faire», a martelé le skieur valaisan. (Photo: Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Une faute?

Comme Wendy Holdener la veille, Daniel Yule a tout donné pour aller chercher cette médaille. Et comme la Schwytzoise samedi, il est sorti. Pas en seconde manche, mais en première, après une cinquantaine de secondes de course. La poisse.

Le Valaisan, qui n'avait plus connu l'élimination dans un slalom depuis le 4 mars 2018 à Kransjka Gora - soit depuis dix épreuves de Coupe du monde -, peut pester contre le destin, lui qui se trouvait 2e à 28 centièmes de Marcel Hirscher au moment de partir à la faute.

Après Vail (2015) et Saint-Moritz (2017), il s'agit de son troisième échec consécutif aux Mondiaux. Rageant, même si, maigre consolation, il ramènera de Åre de l'or du Team event.

Daniel Yule, à quoi pense-t-on lorsque, soudain, tout s'arrête au milieu de la piste, alors que vous étiez bien parti pour réussir un gros chrono?

J'avais, il est vrai, de très bonnes sensations jusque-là. Je sentais que je mettais de l'intensité, que je créais de la vitesse, que j'étais bien. Et voilà, quand je suis sorti, j'ai lâché un gros juron et puis après on essaie de passer à autre chose.

Comment expliquez-vous cette faute?

C'était à l'entrée du mur, j'ai continué à pousser avec ces petites traces et je perds un petit peu la ligne. On va dire que je mets la pression après le piquet et là en général ça pardonne, mais pas aujourd'hui. Cela s'est joué à un petit détail.

Cela vous était déjà arrivé à Vail et à Saint-Moritz. Aux Mondiaux il n'y a pas d'autres choix que de dépasser ses limites?

Non, non. Je dois dire très franchement que cette porte-là, je peux la passer neuf fois de la même manière et je perdrais seulement deux dixièmes. Et là, ce dimanche, je sors. Cela reste du slalom. Si vous jetez un oeil sur les statistiques de la saison, vous verrez que personne n'a réussi à terminer toutes ses courses. Il a fallu que cela arrive ici lors du slalom le plus important de l'année, pour moi.

Ramon Zenhäusern, parti après vous, a commis la même erreur à cet endroit. Est-ce à dire que les infos des coaches ne sont pas bien remontées?

Ça ce n'est pas mon problème, il y a des télévisions au départ et moi j'ai fait l'effort de regarder les deux premiers. Après, d'arriver à cette porte et freiner deux virages avant cela n'apporte rien non plus. On est aux championnats du monde. Loïc Meillard a déjà une quatrième place et je le répète on est ici pour des médailles. Les calculs n'ont pas leur place dans ce genre de compétition.

La piste avait-elle déjà creusé?

Oui et non. Je veux dire que c'était un tracé avec pas mal de changements de rythme et il était compliqué de vraiment bien rester sur ses skis. Dans le dernier mur, on avait peut-être encore quelques traces du Team Event ou du géant qui rendaient la tâche un peu moins évidente. Mais c'était la même chose pour tout le monde. Si on regarde le classement, les meilleurs sont devant.

De manquer encore une fois un grand rendez-vous procure-t-il chez vous une frustration?

Je ne pense pas que j'ai manqué mon rendez-vous, dans tous les cas moins que d'autres dans le sens où, comme je l'ai déjà dit, on vient là pour se battre pour des médailles. J'avais le troisième temps intermédiaire jusque là et, avec Alexis Pinturault, j'étais certainement, sans doute, un des seuls à adopter la même ligne que Marcel Hirscher. Donc pour moi, ce n'était pas raté. J'ai raté une porte, oui, un virage, si on peut dire ça comme ça. Mais sinon, dans l'approche de la course, de mon engagement, je ne l'ai pas manqué. Même au niveau du matériel, on a super bien bossé ces dernières semaines. Je vois plutôt cela comme de la malchance. Je n'ai aucun reproche à me faire.

Sports d'hiver

(nxp)