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09 novembre 2018 17:36; Act: 09.11.2018 19:36 Print

Federer: «Ce n'est pas à 37 ans que tu dois être le favori»

par Oliver Dufour, Londres - Roger Federer est arrivé décontracté à Londres, où il entamera dimanche le Masters par un 1er match de poule face à Kei Nishikori (21h).

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Roger Federer n'a plus remporté le Masters depuis 2011, mais aborde le tournoi londonien plus décontracté. (Photo: Keystone)

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La semaine dernière à Paris, Roger Federer a laissé une forte impression, parvenant en demi-finale du Masters 1000 de Bercy juste après son 99e titre en carrière, acquis devant son public à Bâle. Dimanche, en session du soir (vers 21h en Suisse) sous le dôme de la majestueuse O2 Arena, Roger Federer abordera ses 16es World Tour Finals – un prolongement de son propre record de longévité – par une entrée en matière dans le groupe Lleyton Hewitt face à Kei Nishikori.

Après un début de saison compliqué – «Soyons honnête, mon jeu jusqu'au tournoi de Monte-Carlo, en avril, était affreux», juge le Japonais –, le No 9 mondial s'est repris en main pour finir la saison en beauté, après un parcours jusqu'en demi-finales de l'US Open en septembre dernier. Même s'il doit sa présence à Londres aux forfaits de Rafael Nadal et Juan-Martin Del Potro, le joueur nippon sera un adversaire coriace pour n'importe qui, y compris Federer.

«L'un des meilleurs revers du circuit»

«J'adore affronter Kei et je suis heureux qu'il ait pu atteindre ce tournoi», souligne néanmoins le No 3 mondial, qui a remporté ses deux derniers duels face à Nishikori, en quarts de finale à Shanghai et Paris, qui mène 7-2 dans les confrontations directes et qui n'a plus perdu face à son adversaire asiatique depuis 2014 et le Masters 1000 de Miami.

«J'adore son jeu. Il possède l'un des meilleurs revers du circuit et nous avons eu des affrontements excitants. C'était important pour moi de l'affronter à Paris avant de venir ici. J'ai vraiment travaillé fort pour l'emporter, pour tenter de marquer mon empreinte et emmagasiner de la confiance. Il n'a pas joué aussi bien qu'à Shanghai, peut-être à cause de la fatigue, mais il fait un bon retour après avoir été blessé.»

Le Japonais de 28 ans se montre encore plus admiratif de son aîné de 37 ans. «C'est incroyable qu'il soit encore en train de s'améliorer à son âge. Il modifie ses tactiques, fait des ajustements et il reste pour moi l'adversaire le plus dur à affronter. Il joue moins, mais reste physiquement très fort. C'est toujours un plaisir de le défier, mais je vais devoir jouer à 100% pour espérer le battre dimanche.»

S'inspirer de la décontraction de Bercy?

Cette longévité, justement, Roger Federer est le premier à s'en étonner encore. «Ce n'est pas à 37 ans que tu dois être le favori, honnêtement. C'est plutôt à un joueur «in his prime» (ndlr: au pic de sa carrière) de l'être. Quelqu'un qui se sent méga bien, mais pas moi! Et si tu joues aussi peu que moi sur la saison, ce n'est pas toujours facile. Là, par exemple, j'ai vu que je pouvais jouer deux semaines d'affilée, ce qui ne m'est pas arrivé souvent.»

A Bercy, le Rhénan avait même montré une décontraction épatante tout au long de son parcours, terminé après une nouvelle bataille homérique face à Novak Djokovic. «Je devrais penser plus souvent: «Tu n'as rien à perdre, regarde ce qu'il se passe en entrant dans ce tournoi». Ces derniers mois, ça n'a pas été simple de penser comme ça. Tu joues peu, tu n'as vraiment pas envie de perdre vite... Je ne dirai pas que j'étais crispé, mais j'ai parfois joué pour ne pas perdre.»

Privé de succès final à l'O2 depuis son triomphe en 2011, Federer ne voit cependant pas les années qui passent comme un ajout de difficulté dans le maintien du niveau de jeu jusqu'en toute fin de saison. «Je ne crois pas, non. Tout dépend un peu des adversaires. Peut-être que je n'ai plus gagné le Masters depuis, parce que je n'étais plus aussi dominateur. Mais même ça, cela n'assure pas la victoire ici. A l'heure actuelle il n'y a sans doute que Novak qui puisse se dire: «Si je joue aussi bien que ces derniers mois, je peux l'emporter ici». Mais rien n'est acquis, ce sont des matches au meilleur des trois sets, en indoor Les choses peuvent glisser très vite.»

Pas d'obsession autour du 100e titre

Si l'homme aux 20 victoires en Grand Chelem et aux six titres au Masters venait à renouer avec la gloire à Londres, il s'assurerait un 100e trophée, toutes compétitions professionnelles confondues. Mais passer ce cap n'est pas non plus une obsession.

«Je ne crois pas que l'endroit où je gagne le centième soit très important, à partir du moment où je le gagne, sourit le Bâlois. Actuellement, ce n'est pas tant une question de remporter le centième, mais plutôt de gagner le Masters. J'ai toujours adoré jouer ici, depuis le début, lorsque je m'étais qualifié pour la première fois en 2002. C'était un immense point fort de ma carrière de batailler avec le top 8. En plus, j'avais fait un bon parcours pour ma première, là-bas, à Shanghai. Je sais que ce tournoi et le centième titre vont main dans la main, mais je me focalise sur le fait de réussir un bon tournoi. Et le No 100 arrivera quand il arrivera. Je veux bien attendre un peu, même si le plus tôt sera évidemment le mieux!»

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(nxp)