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14 février 2019 19:31; Act: 14.02.2019 19:31 Print

Buenos Aires fait la fête à David Ferrer

par Mathieu Aeschmann - Troisième mondial en 2013, «le Pou» prendra sa retraite en mai. Malgré la douleur, il a choisi de jouer à Buenos Aires qui le fête en héros.

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Lorsque le petit monde du tennis «joue» à élire le «meilleur joueur à n'avoir jamais remporté un titre du Grand Chelem», le nom de David Ferrer arrive parmi les premiers. Avec sa finale à Roland-Garros, ses «demies» à Melbourne et New York et sa décennie traversée dans le Top 10 (sept participations au Masters), l'Espagnol aura été l'opposant le plus régulier au «Big Four» jusqu'à ce que Stan Wawrinka remette en cause la pertinence de l'expression. Alors depuis que «Ferru» a annoncé qu'il prendrait congé au bout d'une mini-tournée d'adieu – Auckland, Buenos Aires, Barcelone, Madrid – le circuit n'en finit plus de s'incliner devant le plus fidèle de ses guerriers.

Mardi soir à Buenos Aires, sur un central où il a soulevé trois fois le trophée, David Ferrer a ainsi reçu un hommage à son image: simple et touchant. C'est en effet à travers une haie d'honneur que «le Pou» s'en est allé livrer l'un de ses derniers combats (victoire face à Jaziri). Mais pas n'importe quelle haie d'honneur! Avec Zabaleta, Coria, Schwartzman, Chela, Acasuso et la sublime Gabriela Sabatini, presque toutes les références du tennis argentins s'étaient donné rendez-vous pour lui offrir un «abrazo» vibrant. Entre terriens, on sait reconnaître le goût de l'effort et du don de soi.

Si David Ferrer est autant fêté par «le milieu», c'est sans aucun doute parce que sa personnalité discrète et intègre fait l'unanimité parmi les suiveurs et les organisateurs du circuit. «Nous sommes fiers de toi et de tes valeurs», saluait d'ailleurs le tournoi d'Auckland après son abandon en demi-finale (toujours ce maudit mollet). En Nouvelle-Zélande aussi, «Ferru» avait quitté le stade à travers une haie d'honneur.

«Je ne sais pas s'il s'agit d'un regret mais il y a une chose que je referais différemment, expliquait l'Espagnol il y a deux semaines à la Nacion. J'essaierais de profiter plus des bons moments. L'obligation de gagner est parfois un fardeau. Un jour, ma femme était venue à Acapulco pour me rendre visite au milieu d'une longue tournée. Eh bien, j'étais tellement déçu de ma défaite en finale (contre Nadal) que je ne lui ai même pas parlé. Avec le temps, j'ai réalisé que j'avais de la peine à profiter des bons moments. Mais rassurez-vous, je pars l'esprit tranquille. J'ai tout donné dans ma carrière. Les fois où vous m'avez vu ne plus donner, c'est qu'il ne restait plus rien en moi.»

C'est cet héritage que le monde du tennis va fêter encore quelques semaines, de Buenos Aires jusqu'à Madrid. Et quelque chose nous dit que, cette fois, «Ferru» prendra le temps d'en profiter.

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(nxp)