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01 février 2019 16:52; Act: 01.02.2019 17:02 Print

Défaite rageante de Laaksonen

par Mathieu Aeschamnn, Bienne - Longtemps meilleur que Medvedev, Henri Laaksonen s'est écroulé au troisième set (6-7, 7-6, 6-2). La Suisse est dos au mur face à la Russie en Coupe Davis.

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Henri Laaksonen a eu de nombreuses occasions de passer devant. (Photo: Keystone)

Une faute?

Ce devait être le match de l'espoir, celui qui avait le plus de chances de prolonger le week-end suisse à Bienne. Malheureusement pour les hommes de Severin Lüthi et le maigre public, Henri Laaksonen (ATP 142) a fini par baisser pavillon face à Daniil Medvedev (ATP 16) au bout d'un match fleuve (2 h 29) qu'il a longtemps dominé (6-7, 7-6, 6-2).

Au moment de trier les instants qui auraient dû faire basculer la partie de son côté, Henri Laaksonen aura le choix. Il y eut d'abord cette entame à sens unique. Mieux en jambes, le leader suisse profitait d'un Medvedev un peu léthargique pour s'octroyer trois balles de double break (une à 2-0, deux à 3-1). En vain. Sauvé par son service, Daniil Medvedev recollait au score, le niveau de jeu montait et les deux hommes filaient vers le tie-break.

Un jeu décisif qui concentre lui aussi sa part de regrets. Comme en début de match, Laaksonen prenait l'échange et les choses en mains (3-0) avant de trop donner (précipitation en coup droit), s'accrocher (3 balles de set sauvées) puis surtout sombrer dans la passivité lors d'une balle de set qui s'éternisa dans la diagonale revers (8-10). Henri Laaksonen le sait: on ne bat pas un Top 20 en attendant qu'il se prenne les pieds dans le tapis. Alors pourquoi le Schaffhousois continue-t-il de reproduire les mêmes erreurs; victime d'une forme de timidité dans les pires moments?

La différence du haut niveau

Et pourtant, «Ice Henri» est en forme. Physiquement très affûté, il tient sa ligne et sa cadence du fond du court n'avait rien à envier au récent huitième de finaliste de l'Open d'Australie. Seulement voilà, la différence au plus haut niveau se joue sur quelques choix, la faculté à prendre une décision et s'y tenir et l'assurance d'éviter les chutes de tensions.

Dans le tie-break du deuxième set, le leader suisse cocha les deux premières cases en sauvant une balle de match pour se relancer (8-6). Par contre, le Schaffhousois plongea dans un immense trou noir lors des dix premières minutes de la manche décisive. Coups droits forcés, frustration apparente, Daniil Medvedev n'en demandait pas tant (0-3). Le Russe n'avait plus qu'à «gérer» cette avance offerte sur un plateau.

Après 2 h 29 d'un joli combat (jusqu'où serait-il allé avec l'ancien format?), la Russie avait évité le seul piège qui lui était promis. À Marc-Andrea Hüsler (ATP 337), désormais, de faire mentir la rumeur face à la montagne Karen Khachanov, 11e joueur mondial.

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(nxp)