Wimbledon

05 juillet 2014 13:12; Act: 05.07.2014 14:35 Print

Federer: l'histoire d’une formidable longévité

par Oliver Dufour, Londres - En finale d’un Grand Chelem pour la 25e fois, le Bâlois, bientôt 33 ans, peut rêver de devenir le plus âgé des champions de Wimbledon. Il livre trois ingrédients de sa recette.

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A bientôt 33 ans, le Bâlois est toujours là, placé en embuscade. (Photo: Keystone/Tatyana Zenkovich)

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Roger Federer n’est plus qu’à une victoire d’un 8e titre historique dans «son» jardin londonien, qui lui permettrait de devancer Pete Sampras, comme lui 7 fois titré. Pour y parvenir, il devra écarter dimanche en finale Novak Djokovic, No 2 mondial. Les deux hommes se sont affrontés à 34 reprises, dont 11 fois en Grand Chelem. Federer mène ces confrontations directes sur le score de 18 à 16. Grâce à son parcours, le Bâlois est déjà assuré de dépasser lundi son compatriote Stan Wawrinka dans le classement de l’ATP. Il redeviendra ainsi No 3 mondial et No 1 suisse.

Un succès face à son rival serbe aurait aussi un exploit inédit pour un joueur de l’âge de Federer. Dimanche, «RF» aura exactement 32 ans et 332 jours. Le précédent record de l’ère Open, à Wimbledon, date de 1975 et la victoire d’Arthur Ashe, à 31 ans et 360 jours. Loin, toutefois, du record en Grand Chelem établi en 1972 à Melbourne par l’extraterrestre Ken Rosewall, à 37 ans et deux mois! Federer l’a admis vendredi après sa demi-finale, ce record londonien n’aurait pour lui que peu d’importance. Mais son retour au premier plan, à son âge, est déjà la marque d’une formidable longévité. Quel en est le secret? Réponses du «Maître» lui-même:

-Le dur labeur
«Mon jeu est à nouveau comme je l’espérais, après une année difficile. J’ai travaillé dur hors des courts pour retrouver ma forme et redevenir compétitif en tournoi. Cette année, j’ai été très solide et j’ai atteint beaucoup de demi-finales, obtenu déjà deux titres (ndlr: à Doha et Halle). Ca m’a vraiment donné confiance pour croire que je pouvais franchir un pas supplémentaire. Stefan (ndlr: Edberg, son coach) est clairement une pièce du puzzle, mon préparateur (ndlr: Pierre Paganini) aussi. Severin (ndlr: Lüthi, son autre coach). Ils rendent tous possible le fait que je me reveille chaque matin motive, en bonne santé, en bonne condition et impatient de jouer. Jusqu’à un certain point, c’est clairement du travail d’équipe.»

-L’absence de gros bobos
«Tu auras toujours des soucis au cours de ta carrière. J’ai tordu ma cheville en 2005, j’ai eu des blessures à l’aine en 2001, d’autres trucs aussi, vous savez. Des petites gênes dans tous les sens. Mon dos s’est réveillé de temps à autre. C’est juste des choses que tu dois gérer. Mais je crois que c’est juste une question de garder sa motivation, de gérer la presse, les sponsors, les fans, le calendrier, de la flexibilité mentale. Je n’ai jamais vraiment manqué de partie de la saison. J’ai toujours joué la saison indoor, j’ai toujours joué les finales du World Tour depuis 2002. J’ai joué tous les Grands Chelems. Plus de 50, à présent (ndlr: 59, pour être précis). Je ne sais pas ce que c’est. Je n’ai jamais pris cinq mois de pause ou quelque chose de ce genre. Pour ça, je crois qu’il faut être en bonne santé physique, mais aussi prêt mentalement à y arriver.»

-Le plaisir
«Il faut aimer ce jeu. Parce que si vous ne l’aimez pas, ça sera juste trop dur. Je crois que ça m’a facilement entraîné toutes ces années, parce que je sais pourquoi je joue au tennis. Tout au fond de moi, c’est important. Le fun, c’est de pouvoir le faire à cet âge, avec une famille, avec cette équipe que j’ai. Nous avons une relation formidable. Avec le temps, j’ai appris à connaître tellement de gens sur le circuit. C’est quelque chose que j’apprécie vraiment, vraiment beaucoup. »