Wimbledon

03 juillet 2014 16:39; Act: 03.07.2014 16:46 Print

Federer face au défi Raonic

Le Bâlois de 32 ans n'a plus que deux matches à remporter dans «son» jardin de Wimbledon pour s'adjuger un 18e trophée du Grand Chelem.

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Roger Federer (no 4) croit fermement en ses chances avant d'affronter Milos Raonic (no 8) vendredi vers 16h30 (heure suisse) en demi-finale. A juste titre.

Les voyants étaient au vert avant le début de la quinzaine, et ils le sont toujours. Roger Federer a d'ailleurs confié s'être à nouveau «vu» capable de gagner un tournoi de cette importance cette année, alors que cela n'avait pas été le cas dans une saison 2013 gâchée par ses problèmes de dos.

Le Bâlois pratique un tennis flamboyant dans ce tournoi. Aérien et offensif, il peut s'appuyer sur un service extrêmement performant: il n'a ainsi perdu qu'un seul jeu de service dans ses cinq premiers matches, mercredi dans le premier set de son duel livré face à Stan Wawrinka (no 5).

Savoir être patient

Certes, Roger Federer a clairement bénéficié d'une baisse de régime du Vaudois, émoussé par les deux matches disputés les deux jours précédents et incapable de conserver le niveau de jeu prodigieux qui était le sien dans la première manche. N'empêche que le Bâlois est bien présent dans le dernier carré. En pleine possession de ses moyens physiques, et avec un moral gonflé à bloc.

Le septuple vainqueur du tournoi (2003-2007, 2009, 2012) en aura bien besoin au moment de s'attaquer vendredi à un défi d'un autre genre. Sa patience sera soumise à rude épreuve face à Milos Raonic (23 ans), auteur de 147 aces en cinq matches dont 39 - son record en carrière - mercredi face à Nick Kyrgios (ATP 144). Le Canadien n'a également lâché qu'un seul jeu de service jusqu'ici...

La référence Roddick

Roger Federer peut prouver vendredi que le temps n'a qu'une emprise minime sur ses capacités. Ce genre de challenge ne lui a jamais fait peur. Ainsi, il a remporté les quatre matches disputés sur le gazon de Wimbledon face à son ancien rival, le jeune retraité Andy Roddick, dont le service faisait - presque - aussi mal que celui de Milos Raonic.

Et avec la manière qui plus est. Roger Federer a ainsi réussi plus d'aces qu'Andy Roddick dans leurs quatre affrontements londoniens. Il en claquait notamment 50 - son record - dans l'homérique finale de 2009 remportée 16-14 au cinquième set. Sa patience avait alors été récompensée, puisqu'il avait signé son unique break dans l'ultime jeu de cette finale.

Le slice comme arme fatale

Certains argueront que ces exploits commencent à dater. Mais Roger Federer affiche un bilan de 4-0 face à Milos Raonic. Il a parfois dû essuyer un déluge d'aces (25 sur le gazon de Halle en 2012, 21 à Madrid en 2012), mais a toujours bénéficié d'opportunités à la relance. Il s'est ainsi procuré au total 16 balles de break dans ces quatre face-à-face, dont 7 dans le plus récent remporté 6-4 7-6 6-2 en 8e de finale de l'Open d'Australie 2013.

Milos Raonic a certes beaucoup progressé depuis. Mais ses lacunes demeurent les mêmes: le bombardier canadien (1m96, 99 kg) manque forcément de mobilité, et son jeu de défense n'offre pas encore toutes les garanties. Roger Federer est capable de le mettre au supplice grâce aux incessantes variations de son jeu et surtout grâce à son slice de revers, qui lui a toujours permis de faire la différence sur herbe face aux joueurs de près de 2m.

Dimitrov en outsider

Programmée dès 14h (heure suisse), la demi-finale du haut du tableau s'annonce encore plus spectaculaire. Elle opposera également un jeune loup aux dents longues à un cador bien plus expérimenté. Grigor Dimitrov (no 11), qui disputera comme Milos Raonic sa première demi-finale de Grand Chelem, peut croire en ses chances au moment de défier le vainqueur de l'édition 2011 de Wimbledon Novak Djokovic (no 1).

A 23 ans, Grigor Dimitrov est mûr pour un grand exploit. Le Bulgare est désormais bien plus que le clone de Roger Federer. Il trace sa propre voie, grâce également à un jeu extrêmement varié. Peut-être moins efficace au filet que le Bâlois, il possède en revanche une première balle de service plus puissante et un revers à une main plus fiable.

Le petit ami de Maria Sharapova reste sur un cinglant revers (6-2 6-2 6-3) face à Novak Djokovic. Mais c'était il y a plus d'une année, sur la terre battue de Roland-Garros. Grigor Dimitrov, qui avait battu le Serbe quelques semaines plus tôt à Madrid, a beaucoup mûri depuis. Vainqueur du tenant du titre Andy Murray (no 3) mercredi en quart de finale, il aura certainement sa chance s'il tient le choc sur le plan mental.

(ats)