Tennis

12 novembre 2019 21:00; Act: 13.11.2019 00:29 Print

Federer ou Djokovic? Jeudi, il n'en restera qu'un

par Mathieu Aeschmann, Londres - Au bout d’un match sublime, Dominic Thiem s’est offert une victoire référence. Federer et Djokovic joueront leur peau jeudi.

storybild

(Photo: AFP/Glyn Kirk)

Une faute?

Novak Djokovic est un roc, la référence ultime en indoor. Mais mardi soir, Dominic Thiem s’est transformé en un tsunami d’énergie positive et de coups gagnants! Même s’il ne s’agissait que d’un match de poule, les superlatifs ne sont pas de trop tant l’O2 Arena a vécu l’un des meilleurs matches de sa longue histoire avec le Masters (11 éditions).

Comme le Federer-Wawrinka de 2014 et le Raonic-Murray de 2016 – les deux références dans cette salle – un tel combat ne pouvait se jouer qu’au tie-break du troisième set (6-7, 6-3, 7-6). Et après 2h46 de retournements incessants, «Domi» pouvait s’étaler de tout son long, comme sa copine Kiki Mladenovic deux jours plus tôt en finale de Fed Cup. Il sera, samedi, le premier Autrichien à jouer une demi-finale du Masters. Un exploit qui a pour conséquence que Roger Federer et Novak Djokovic se disputeront jeudi soir l’autre place en demi-finale.

Thiem, l’obstiné

Si avancer, créer du jeu, mettre tout son cœur dans ses frappes est un mérite, alors Dominic Thiem a largement mérité sa victoire. Quelle obstination chez l’Autrichien à bousculer sans relâche Novak Djokovic! C’est d’abord son formidable revers long de ligne qui a fait des ravages. Puis «Domi» a distillé en coup droit et même enchaîné quelques services-volées bien sentis. Le public de l’O2 Arena a pu admirer tout ce que Nicolas Massu a apporté à son jeu depuis Indian Wells. Non seulement, Dominic Thiem est plus offensif, plus créatif. Mais il le fait sans se reposer uniquement sur sa qualité de frappe naturelle. En un mot, le finaliste de Roland-Garros accepte de frapper parfois un peu moins fort pour étirer un pouvoir de nuisance devenu protéiforme.

Autant dire que pour remporter la première manche contre un tel joueur, il fallait un grand Novak Djokovic. Le «Nole» impérial capable de traverser un tie-break sans abandonner le moindre centimètre de terrain ni commettre une seule erreur directe. Thiem eut beau aligner une série de coups droits irréels pour revenir à 5-5, la défense du «Djoker» le poussait à la faute sur le point suivant. Après 1h05 du plus beau set de la semaine, Novak Djokovic semblait avoir fait le plus dur (6-7).

L'élégance de Djokovic

Seulement voilà, le No 2 mondial étale parfois une infime faiblesse: sa concentration chute en intensité l’espace de quelques minutes. Dominic Thiem en profita au début de la seconde manche. Il y retira un break et trois jeux d’avance (3-0) qu’il allait garder jusqu’à la fin du set (6-3). La suite? Une alternance de momentum rare dans cet univers du «round robin» si souvent à sens unique. Sur son nuage durant les quatre premiers jeux du troisième set, «Domi» donna l’impression de s’envoler vers la victoire (3-1). Puis Novak Djokovic retrouva ses esprits et serra la garde pour le pousser dans le rouge (3-4). Après deux heures trente de combat, le match avançait sur un fil. Et une partie du destin de Roger Federer avec.

Dominic Thiem crut pouvoir faire la décision lorsqu’il servit pour le match à 6-5. Mais une horrible double faute déroula le tapis rouge à ce tie-break que l’Autrichien commença… par une autre double faute. Trois points plus tard (1-4), Novak Djokovic fonçait vers un immense soulagement. C’est alors que «Domi» trouva encore les ressources de lâcher une dernière salve de coups gagnants. Groggy, le Serbe eut l’élégance de saluer cette sublime obstination. Index posé sur la poitrine de son vainqueur, il sembla lui dire au moment de la poignée de main: «quand tu joues comme ça, tu es presque injouable».

Tennis