Roland Garros

03 juin 2011 12:45; Act: 03.06.2011 13:18 Print

Les revendeurs broient du noir

par Grégory Beaud/Paris - Les quatre meilleurs mondiaux s'affrontent dans l'après-midi. Les affiches Nadal-Murray et Federer-Djokovic sont très attendues par les fans. Les revendeurs de tickets, eux, font grise mine.

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Un revendeur (Photo: Keystone)

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«Je cherche un ticket. I need ticket». Depuis des années, le trajet entre la sortie du métro Porte d'Auteuil et le stade Roland Garros a toujours permis aux vendeurs de tickets de se faire leur blé. Depuis cette année, l'organisation a mis sur pied un système de billetterie électronique. Le nom du possesseur doit figurer sur le ticket et des contrôles d'identité sporadiques sont pratiqués à l'entrée.

Un Autrichien avait d'ailleurs servi d'exemple en début de quinzaine. Après avoir acheté son ticket 300 francs, il avait été refoulé par la sécurité. Motif? Ce n'était pas son billet. La lutte contre le marché noir s'organise et semble porter ses fruits.

Présents en nombre durant la quinzaine, les revendeurs sont, de manière surprenante, moins nombreux aujourd'hui, alors que les affiches ont de quoi faire saliver n'importe quel fan de tennis. «C'est impossible de trouver le moindre ticket pour le central, se plaint Kader*. Avec leur nouveau système, ils tuent le business.» La demande excède largement l'offre et, durant cette brève discussion, ils ne sont pas moins de cinq spectateurs à s'être arrêtés pour quémander un billet. «J'ai rien moi, a poursuivi ce Parisien. Si je vends rien qu'un billet, j'ai réussi ma journée. Je peux rentrer. Une chose est sûre, je ne serai pas là l'année prochaine.»

Certains ont tout de même un ou deux sésames en poche pour les plus téméraires fans de tennis. Alors qu'un billet pour les travées du court Philippe Chatrier tourne autour d'une centaine de francs, la vente au noir fait décoller les prix, surtout lorsque la journée propose deux demi-finales de rêve. «C'est nettement plus intéressant qu'un billet pour la finale», a détaillé Jérémy*, peu enclin à articuler un chiffre. Craintif. Finalement, il s'est lâché: «500 Euros (n.d.l.r. : 630 francs), c'est le minimum. C'est cher, mais les gens sont prêts à payer le prix pour venir voir ces matches.»

Sur ses gardes, le jeune homme scrute de gauche et de droite. «Tu vois, lui c'est un keuf (n.d.l.r. : policier)», explique-t-il. Ils sont nombreux à traquer les revendeurs, mais il n'est pas impossible que Roland Garros soit sur le point de venir à bout du marché noir.

* = prénoms d'emprunt.