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08 septembre 2018 01:44; Act: 08.09.2018 08:19 Print

Rafael Nadal: «Ce n'était plus du tennis»

par Mathieu Aeschmann, New York - Déçu mais philosophe, le Majorquin a confirmé qu'il avait senti «une décharge au tendon rotulien» face à Juan Martin Del Potro.

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Rafael Nadal ne pouvait pas tenir plus longtemps. Déjà touché au tendon rotulien de son genou droit contre Kachanov (3e tour), le Majorquin a fini par payer face à Juan Martin Del Potro l'enchaînement de tous ses efforts. Appuis hésitants, mine déconfite, le No 1 mondial n'a fait illusion que durant un premier set étrange au bout duquel il passa au travers de son tie-break. La suite ne fut qu'un triste pensum. Le dernier épisode d'une histoire qui se répète et que le «Rafa» est venu revisiter face à la presse avec une pointe de fatalisme quelques minutes seulement après avoir quitté le Ashe sous une standing ovation.

«J'ai ressenti quelque chose à 2-2 au premier set et j'en ai immédiatement parlé à mon équipe. On a essayé de faire tout ce qui était possible (tape sous le genou, massage du quadriceps) mais la douleur était trop violente. Vous pouvez imaginer à quel point c'est difficile pour moi de quitter l'US Open de cette manière. Mais en même temps, ce n'était plus un match de tennis à la fin. Il y avait un joueur qui jouait et un autre qui se tenait de l'autre côté du filet.»

«Je connais les traitements»

Forcément, Rafael Nadal fut invité à commenter l'impact présumé de son formidable marathon face à Dominic Thiem (4h49) sur ses déboires. «Impossible à dire. En réalité, je gère un souci à mon tendon rotulien depuis le début du tournoi. Mais hier, je n'avais pas plus mal que les jours précédents. Donc le match contre Dominic peut avoir eu un impact ou aucun. Je ne sais pas.»

Par contre, «Rafa» savait déjà tout de cette «vieille blessure» qui l'avait torturé en 2009, 2012 pour revenir en fin de saison dernière. «C'est toujours mes tendinites. Et il m'est difficile de les comparer parce que les douleurs sont très semblables d'une fois à l'autre. La seule différence ici, c'est que j'ai ressenti une décharge à un moment précis alors que d'habitude, il s'agit d'une inflammation progressive. Il faut voir le positif, je connais parfaitement cette blessure. Avec elle, je ne peux pas affirmer que je serai de retour dans trois semaines ou dans six mois. Il faut que je me soigne – et on connaît les traitements – pour revenir le plus vite possible.»

Absent contre la France

Par expérience, Rafael Nadal n'a pas souhaité avancer un calendrier. Sera-t-il sur pied pour la tournée asiatique, pour la saison indoor ou faudra-t-il attendre 2019 pour le revoir? Impossible à dire. Seule certitude, le Majorquin ne rejoindra pas l'équipe d'Espagne à Lille pour disputer la demi-finale de Coupe Davis. «C'est ainsi, j'ai traversé une saison fantastique puisque je n'ai perdu que quatre matches. Le seul point négatif, c'est que deux d'entre eux sont intervenus sur abandon et en Grand Chelem (ndlr. le premier en quarts de finale à Melbourne face à Cilic, déchirure à l'attache du psoas). C'est frustrant. Pas à cause de la défaite mais parce que je laisse passer une occasion sans pouvoir lutter à fond.»

Déçu mais pas abattu, Rafael Nadal se lança alors dans une dernière mise au point. «Les choses ne vont pas si mal. J'ai du succès, je prends du plaisir sur le court. Et personne dans cette pièce, moi compris, ne pensait que je me battrais encore pour les plus gros titres à 32 ans. Tout le monde affirmait que ma carrière serait très courte à cause de mon style. Mais je suis toujours là, ma passion est intacte. Et je vais continuer à travailler très dur pour que cela continue.» Dans ses yeux, une pointe d'orgueil faisait passer un message qui n'avait pas besoin de mots. «Rafa» reviendra.

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(nxp)