ATP - Gstaad

21 juillet 2014 14:22; Act: 21.07.2014 17:21 Print

Viktor Troicki une année après

Suspendu une année pour dopage, le Serbe s'est qualifié avec un réel brio pour les huitièmes de finale du Crédit Agricole Suisse Open.

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Viktor Troicki a disposé de l'Autrichien Dominic Thiem. (Photo: Keystone/Peter Schneider)

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A Gstaad, Troicki s'est imposé 7-6 6-4 juste avant la pluie face à l'Autrichien Dominic Thiem (ATP 47). Même si son bras a tremblé en fin de match - il a mené 5-2 au second set -, le Serbe a livré une performance de choix. Face à Thiem, «bourreau» de Stan Wawrinka ce printemps à Madrid, il a su élever le niveau de son jeu au jeu décisif de la première manche pour prendre le contrôle du match. Cette rencontre fut d'une qualité rare pour un premier tour.

«Cette victoire signifie tant à mes yeux»

«L'émotion qui m'a saisi à la balle de match fut immense, avoue Viktor Troicki. Je viens de vivre l'année la plus dure de mon existence. Cette victoire signifie tant à mes yeux. Je n'oublierai jamais le geste du tournoi à mon égard avec l'octroi de cette wild card.»

Suspendu dans un premier temps dix-huit mois pour avoir refusé de se soumettre à une prise de sang au Masters 1000 de Monte-Carlo, Viktor Troicki peut à nouveau jouer au tennis depuis le 15 juillet. Tombé à la 847e place mondiale - les joueurs suspendus pour dopage ne bénéficient pas d'un classement protégé -, il aura une longue route à faire pour retrouver le 12e rang qu'il avait occupé en juin 2011. Mais à 28 ans, l'homme qui a donné à la Serbie la victoire en Coupe Davis en 2010 en battant Michael Llodra dans le simple décisif contre la France peut vraiment nourrir l'espoir d'un retour au tout premier plan. «Je rêve de figurer enfin parmi les dix meilleurs joueurs du monde, lance-t-il. J'étais aux portes du top ten en 2011. Je suis convaincu d'être plus fort aujourd'hui que je ne l'étais l'an dernier.»

Un bannissement total

Soutenu par Novak Djokovic - «Il a pris des risques pour moi et je lui en serai éternellement reconnaissant» -, Viktor Troicki a vécu ce que tout joueur de tennis suspendu doit traverser: un bannissement total. «Tu ne peux pas te rendre dans un stade ou dans un club pour suivre un match de tennis, raconte-t-il. L'an dernier, je n'ai pas pu soutenir mes coéquipiers lors de la demi-finale et la finale de la Coupe Davis. La Fédération internationale avait ordonné à la Fédération serbe de placarder ma photo aux entrées du stade pour être sûre que je n'entre pas. Ma Fédération, qui m'a soutenu, a refusé de se plier à ce diktat.»

Même s'il a gagné plus de 4,5 millions de dollars sur les courts, Viktor Troicki ne sort pas indemne de cette année sans jouer. «J'ai perdu beaucoup d'argent, des sponsors aussi qui m'ont écrit de jolies lettres pour annoncer que notre contrat était rompu, explique-t-il. Mais dans mon malheur, j'ai eu la chance que mon coach (ndlr: l'Australien Jack Reader) soit resté à mes côtés durant ces douze mois même si je n'ai pas pu le payer comme il le méritait.»

Viktor et Jack se sont ainsi entraînés pendant une année presque à «blanc». «Ne pas pouvoir jouer des matches est, bien sûr, pénalisant. Mais Novak Djokovic m'a offert à plusieurs reprises de l'accompagner, à Genève est à Dubaï en février, à Miami au printemps. S'entraîner avec lui n'a pas de prix. Et à Monte-Carlo où je réside, j'ai aussi pu taper avec des joueurs comme Bernard Tomic et Milos Raonic. Il était crucial de maintenir le contact avec des joueurs aussi forts. Si je n'avais travaillé qu'avec des joueurs «anonymes», je ne sais pas si j'aurais pu évoluer à ce niveau aujourd'hui...»

(ats)