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12 décembre 2019 17:55; Act: 12.12.2019 20:53 Print

Wawrinka battu par Monfils en Arabie Saoudite

Le Vaudois ne remportera pas le million de dollars promis au vainqueur de cette exhibition dénoncée par Amnesty International.

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Pas de million pour le Vaudois. (Photo: Keystone)

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Stan Wawrinka s'est incliné, jeudi soir, au premier tour de la controversée Diriyah Tennis Cup face à Gaël Monfils (3-6, 3-6). Il sera donc renversé dans le tableau de la «consolante» où il affrontera John Isner, battu un peu plus tôt par Fabio Fognini.

Il y a deux mois à Bâle, le Vaudois avait loué la date de cette exhibition en Arabie saoudite; «pile au milieu de ma préparation, ce qui me permettra de jouer des bons matches et de monter mon niveau». Son début de rencontre sembla lui donner raison. Puis le niveau d'intensité baissa à mesure que son jeu de jambes devint approximatif. À tel point que l'impression d'ensemble laisse planer quelques de doutes sur le réel apport de ce genre d'exercices, disputés de surcroît dans un stade aux trois-quarts vide.

L'intérêt de cette première édition de la Diriyah Cup tient en réalité bien plus dans ce qu'elle représente que dans ce qu'elle propose sur le court. Doté de trois millions de dollars (un pour le vainqueur), ce tournoi exhibition sur trois jours a en effet réussi l'exploit d'amener pour la première fois des tennismen professionnels en Arabie saoudite, dont les «Top 10» Medvedev et Monfils.

Organisée dans l'enchaînement du Grand Prix de formule E et du championnat du monde des poids lourds entre Anthony Joshua et Andy Ruiz Jr., l'épreuve s'inscrit dans ce que le Royaume de Riyad appelle sa «Vision 2030», visant à diversifier l'économie du pays et amorcer des changements sociaux. Une entreprise de «soft power» par le sport que l'ONG Amnesty International a dénoncé la semaine dernière comme un «sportwashing» d'une ampleur inédite.

Dans les semaines à venir, le Dakar et la Supercoupe d'Espagne viendront aussi offrir une publicité festive et moderne à un régime qui s'oppose à la déclaration universelle des droits de l'homme, relançant le débat de la conscience politique des sportifs d'élite. «Il y a deux ans, les femmes étaient interdites dans les stades. Grâce aux changements opérés, elles y ont désormais accès. Et il y a un mois, nous avons lancé un championnat de football féminin, s'est défendu le prince Abdulaziz bin Salman à la BBC. Nous voulons faire évoluer notre société et le sport est l'un des moyens retenus pour y parvenir.» Un argument qui n'a pas convaincu Rory McIlroy, lequel a refusé les 2,5 millions de dollars que le Royaume lui proposait pour venir disputer l'épreuve du Tour Européen en janvier.

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(Sport-Center/ma)