Interview Michael Steiner

13 juin 2019 08:15; Act: 13.06.2019 10:34 Print

«Nous tentons ici une expérience sociale»

par Geraldine Schläpfer/Julia Panknin - Avec «Switzerlanders», «20 minutes» lance un film très particulier. Michael Steiner en est le directeur artistique.

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Michael, en quoi consiste «Switzerlanders»?
Je vais mettre mes deux compétences principales de réalisateur, à savoir la mise en scène et la direction des acteurs, entièrement entre les mains des Suisses. Pour cela, il faut qu’un maximum de personnes envoie des vidéos qui montrent comment elles vivent en Suisse.

En quoi consiste le défi pour toi?
La direction artistique du film est intéressante dans la ­mesure où je vais pouvoir construire une histoire à partir d’éléments que je ne connais pas encore. Elle pourrait être racontée du matin au soir, de la ville à la campagne ou encore de la naissance à la mort, en fonction du type de vidéos que nous allons recevoir. Mettre au point l’ordre thématique et la mise en scène du film a posteriori constitue un défi absolument fou et fascinant.

Que souhaiterais-tu voir dans les vidéos qui vont être envoyées?
J’espère qu’on y trouvera de tout: de l’estivage à la vie quotidienne au bureau et à l’école, en passant par des moments personnels (fêtes de famille ou naissances). Des histoires d’amour, des événements heureux et des coups durs, des scènes de nature: les participants peuvent montrer ce qui les touche et ce qui, à leurs yeux, caractérise la Suisse. Dans leur langue, ou même sans paroles.

Comment vas-tu procéder après réception des ­vidéos

Mon équipe et moi allons faire une présélection des clips et les classer par thème. ­Ensuite, mon monteur Michael Kaufmann et moi allons écrire une sorte de scénario, une transcription, afin que les différents éléments de l’histoire se fondent les uns dans les autres pour former un tout que nous pourrons alors projeter au cinéma.

Quelle importance auront la musique et le montage?
Dans un film qui réunit des centaines de mouvements de caméra et de perspectives différents, le rôle du monteur est vital. La musique est elle aussi très importante pour transmettre les émotions et créer un sentiment d’appartenance.

Les contenus générés par les utilisateurs sont légion: à l’ère des réseaux sociaux, ce type de film est-il vraiment nécessaire?
J’en suis convaincu. Sur ­Instagram, Facebook, etc., on donne tous à voir une image idéale. Ce côté lisse ne m’intéresse guère. Je souhaite découvrir de véritables histoires, sans filtre. C’est une expérience sociale que nous tentons ici, et j’espère que nous pourrons, au bout du compte, montrer un pays aussi merveilleux et divers qu’il l’est dans la réalité. Ce film doit devenir un document historique qui montre une Suisse sans artifice.

Grâce aux smartphones, nous avons tous une caméra à portée de main. Faudra-t-il encore des réalisateurs à l’avenir?
Effectivement, il est de plus en plus simple d’enregistrer des images, mais raconter une bonne histoire restera un ­métier. Néanmoins, il est vrai que nous sommes la première génération qui pourra, grâce à ces technologies, créer un film de ce type.

Comptes-tu y intégrer un de tes clips?
Motus et bouche cousue.

Michael Steiner t'explique comment tourner de belles vidéos:

«Switzerlanders» est un projet culturel de Tamedia