Un millier de manifestants au Kosovo contre l’interdiction du dinar serbe

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KosovoUn millier de manifestants contre l’interdiction du dinar serbe

Pour les Serbes du Kosovo, cette décision les empêche de recevoir leurs retraites ou les aides depuis Belgrade.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes reçoivent chaque mois des retraites ou des aides en dinars – et souvent en liquide – depuis Belgrade.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes reçoivent chaque mois des retraites ou des aides en dinars – et souvent en liquide – depuis Belgrade.AFP

Environ un millier de Serbes du Kosovo ont manifesté lundi, à Mitrovica, contre l’interdiction des transactions en dinar serbe, utilisé jusqu’à présent dans des villes du nord où la population est majoritairement serbe, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les organisateurs de la manifestation, l’association des retraités serbes du Kosovo, entendaient «attirer l’attention du monde entier» sur cette décision qu’ils estiment injuste.

«Notre vie est finie»

Depuis le 1er février, les Serbes du Kosovo, pays dont la monnaie officielle est l’euro, n’ont théoriquement plus le droit d’utiliser le dinar serbe. Mais face aux critiques, une période de transition a été décidée jusqu’à fin février.

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Plusieurs dizaines de milliers de personnes reçoivent chaque mois des retraites ou des aides en dinars – et souvent en liquide – depuis Belgrade.

«La décision d’abolir le dinar, de rendre impossible l’obtention de nos pensions bien méritées, signifie littéralement que notre gagne-pain est fini, que notre vie est finie», a déclaré depuis une scène improvisée Dusanka Djorovic, une retraitée, devant le millier de personnes rassemblées sur une place inondée de drapeaux serbes, au son de l’hymne national serbe, selon le correspondant de l’AFP.

Mitrovica est une ville divisée entre une partie majoritairement serbe et une partie majoritairement albanaise.

Kurti tente de rassurer

La décision du Kosovo – annoncée fin décembre – a déclenché des condamnations internationales, plusieurs alliés de Pristina demandant au Premier ministre Albin Kurti un temps d’adaptation, et une vive réaction de Belgrade.

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«Le gouvernement du Kosovo n’appliquera aucune mesure punitive pendant la période de transition», a assuré Kurti sur le réseau social X (ex-Twitter) lundi, après avoir affirmé à plusieurs reprises qu’il souhaitait une transition «douce» et un apaisement avec la Serbie.

Mais pour Belgrade – qui n’a jamais reconnu l’indépendance du Kosovo, Pristina veut priver sa minorité serbe de ses salaires et retraites. Jeudi, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le président serbe Aleksandar Vucic a accusé le Kosovo de vouloir «créer des conditions de vie insoutenables et expulser les Serbes du territoire».

«Un mensonge», a répondu Kurti. «Ce financement peut continuer», avait affirmé Kurti à l’AFP le 7 février. «Ils peuvent les payer en dinars, mais ces dinars doivent être convertis en euros. Les professeurs serbes, les médecins, les infirmières, pourront recevoir ces paiements de la Serbie. Mais ils arriveront dans leur poche en euros».

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(Marine Meunier)

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