Le réchauffement climatique menace les vestiges du Débarquement

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FranceLe réchauffement climatique menace les vestiges du Débarquement

Le patrimoine historique lié à la Seconde Guerre mondiale se trouvant sur le littoral normand est en danger. Et peu de solutions se dessinent.

Deux photos de la Pointe du Hoc prises le 2 mars 2004 (en haut) et le 6 mai 2022 (en bas) montrent l'effet du changement climatique.
Deux photos de la Pointe du Hoc prises le 2 mars 2004 (en haut) et le 6 mai 2022 (en bas) montrent l'effet du changement climatique.AFP

Érosion, submersion: 80 ans après le D-Day, les plages du Débarquement et leurs vestiges sont menacés par la montée des eaux liée au changement climatique, obligeant à repenser l’avenir de ces sites de mémoire.

Sur plus de 100 km, de Ouistreham (Calvados) à Ravenoville (Manche), le littoral normand est jonché de vestiges du 6 juin 1944, bunkers du mur de l’Atlantique, épaves et pièces de collection font vivre une région et revivre aux touristes ce moment d’histoire. Mais la mer d’où est venue la libération menace aujourd’hui son patrimoine historique: falaises et dunes sont soumises à l’érosion, marais, vallées et polders à la submersion.

On est en train de passer de lieux historiques à lieux d’interprétation de l’histoire

Régis Leymarie, géographe

Tout à l’ouest, les plages «américaines» de Utah et Omaha, plus sauvages, «subissent à la fois l’érosion et le risque submersion», indique Régis Leymarie, délégué adjoint au conservatoire du littoral en Normandie. Sur le secteur britannique, «c’est également le cas» pour Gold.

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Les sites du D-Day «n’ont déjà plus rien à voir avec ce qu’ont connu les soldats alliés le 6 juin 1944», explique le géographe. «On est en train de passer de lieux historiques à lieux d’interprétation de l’histoire».

Peu de solutions à court terme

Devant le musée Utah Beach fondé par son propre père, en 1962, sur la dune - à quelques mètres de la célèbre plage - Charles de Vallavieille, maire de Sainte-Marie-du-Mont reconnaît «des difficultés, il ne faut pas les nier».

«Mais on n’a pas le droit de mettre de pierres, on n’a le droit à rien, indique-t-il. La loi protège les digues mais pas les dunes, nous n’avons aucune aide alors que c’est un problème qui touche toute la côte: protégez un endroit et l’eau ira ailleurs». Rares sont les mairies disposées à envisager une action à court terme. Sur la quinzaine de communes contactées par l’AFP ces derniers mois, moins de la moitié ont répondu.

«La nature va reprendre ses droits»

Bien consciente du problème, l’American Battle Monuments Commission (ABMC), qui gère le site, a «sécurisé la zone, consolidé 70 mètres (...) avec des murs en béton armé, installé des micropieux pour stabiliser le sol et un réseau complexe de capteurs surveillant le sous-sol pour déceler tout mouvement important». Il reste toutefois sous la menace de l’impact des vagues, le ruissellement, le sel, le dégel et le regel...

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Les sentiers ont été «reculés de 20 mètres» pour assurer la sécurité du public, indique l’agence gardienne des cimetières et mémoriaux militaires américains.

Le niveau de la mer monte actuellement de quelques millimètres par an: «La perception de l’évolution est faible à l’échelle humaine», souligne Régis Leymarie. «C’est sur deux ou trois générations qu’on s’en rend compte». «On arrive à la fin des sites du débarquement tels qu’on les connaissait», conclut-il, «la nature va reprendre ses droits».

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(Marine Meunier)

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