Biden refuse de fournir aux Républicains l’audio de sa déposition

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Documents confidentielsBiden refuse de fournir aux Républicains l’audio de sa déposition

Dans l'affaire des documents top secret, le procureur spécial Robert Hur avait évoqué la mémoire parfois défaillante du président américain.

Joe Biden a invoqué ses «prérogatives de chef de l’Exécutif» pour rejeter cette demande.
Joe Biden a invoqué ses «prérogatives de chef de l’Exécutif» pour rejeter cette demande.Getty Images via AFP

Le président américain, Joe Biden, a rejeté jeudi une demande de commissions parlementaires contrôlées par ses adversaires républicains de leur fournir l’enregistrement de sa déposition devant un procureur spécial, ont annoncé la Maison-Blanche et le Ministère de la justice.

«Absence de nécessité légitime»

Le procureur spécial Robert Hur avait recommandé dans son rapport de 388 pages, en février, un non-lieu pour Joe Biden, 81 ans, dans une affaire de rétention de documents confidentiels, mais avait évoqué un «homme âgé à la mauvaise mémoire», des commentaires «déplacés» selon la Maison-Blanche.

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Sur recommandation de son ministre de la Justice, Merrick Garland, Joe Biden a invoqué ses «prérogatives de chef de l’Exécutif» pour rejeter cette demande, ont écrit aux présidents républicains de ces commissions le conseiller juridique de la Maison-Blanche, Ed Siskel, et le Ministère de la justice. «L’absence de nécessité légitime pour réclamer ces enregistrements audio expose au grand jour votre but probable: les saucissonner, les déformer et les utiliser à des fins partisanes», a écrit Ed Siskel aux présidents des deux commissions, Jim Jordan et James Comer.

«Un homme âgé sympathique»

Merrick Garland a pour sa part justifié sa recommandation d’invoquer les prérogatives de l’Exécutif. «Nous sommes allés extraordinairement loin pour garantir que les requêtes légitimes des commissions soient satisfaites, mais celle-ci n’en est pas une», a-t-il déclaré aux journalistes lors d’un point de presse au Ministère de la justice. Accéder à cette demande aurait «nui à notre capacité à l’avenir à conduire des enquêtes sensibles», a-t-il fait valoir.

Nommé en janvier 2023 par Merrick Garland, le procureur spécial avait conclu dans son rapport que Joe Biden avait «sciemment gardé et divulgué des documents classifiés après sa vice-présidence alors qu’il était un simple citoyen». Mais il avait considéré qu’«une inculpation ne se justifierait pas», estimant notamment qu’un jury accorderait le bénéfice du doute à «un homme âgé sympathique, bien intentionné, avec une mauvaise mémoire». Le procureur avait notamment assuré que le président, lors d’un interrogatoire, ne se souvenait plus de l’année du décès de son fils aîné, Beau.

«Motivations politiques»

Le camp démocrate avait dénoncé des commentaires «gratuits» aux «motivations politiques», mais ses adversaires républicains à la Chambre des représentants avaient immédiatement exploité le rapport pour estimer que Joe Biden était «inapte» à exercer ses fonctions. Lors d’une audition en mars devant les deux commissions de la Chambre des représentants, Robert Hur avait justifié ses commentaires sur sa mémoire. «Je n’ai pas aseptisé mon explication, ni dénigré injustement le président», a-t-il assuré.

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La nomination du procureur spécial en janvier 2023 faisait suite à la découverte de documents classés confidentiels datant de l’époque où Joe Biden était vice-président (2009-2017), notamment sur l’engagement militaire américain en Afghanistan, dans sa résidence de Wilmington, dans le Delaware (est), ainsi que dans un ancien bureau.

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(afp)

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