SerbieLe cimentier Holcim accusé de gravement polluer
Une enquête de l’ONG suisse Public Eye affirme que les émissions nocives produites par une usine Holcim dépassent massivement les valeurs limites en dioxyde de soufre.

Le coke de pétrole plutôt que le gaz naturel. C’est le choix du «carburant», moins cher mais bien plus sale, qu’a fait Lafarge pour faire tourner la cimenterie de Beočin lorsque le groupe l’a reprise dans le nord de la Serbie en 2008. C’est un des enseignements du reportage primé par Public Eye, qui s’est procuré le rapport serbe de l’inspection régionale pour la protection de l’environnement, paru ce vendredi.
Les résultats de cette analyse environnementale, qui a observé la période du 31 août 2019 au 21 novembre de la même année, sont sans équivoque. Pour le seul mois de septembre, les émissions de chlorure d’hydrogène ont dépassé à 62 reprises les limites autorisées de… 200%. En octobre, l’usine a émis du dioxyde de soufre (SO2), de l’ammoniac (NH3) et de l’oxyde d’azote (NHx) dans des concentrations deux fois plus élevées que les limites admises à…847 reprises.
Interdit dans l’UE
Ce coke de pétrole, le combustible choisi par Holcim pour exploiter la cimenterie, un sous-produit de la transformation du pétrole brut qui brûle à très haute température, qui produit de grandes quantités de microparticules, de dioxyde de soufre et de suie, est interdit dans les deux pays voisins, la Croatie et la Slovénie, membres de l’Union européenne.
