France voisine – Une séance de dédicaces de l’avocat du meurtrier annulée

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France voisineUne séance de dédicaces de l’avocat du meurtrier annulée

Après l’annulation, à Besançon, d’une séance de signatures du livre de l’avocat de Jonathann D., meurtrier de son épouse Alexia, le bâtonnier dénonce une «atteinte à la liberté d’expression».

Randall Schwerdorffer, avocat du mari meurtrier, n’a pas pu dédicacer son ouvrage à Besançon, suite à la pression exercée par l’association Osez le féminisme.
Randall Schwerdorffer, avocat du mari meurtrier, n’a pas pu dédicacer son ouvrage à Besançon, suite à la pression exercée par l’association Osez le féminisme.AFP

Le bâtonnier de Besançon a dénoncé «une atteinte à la liberté d’expression» après l’annulation d’une séance de dédicaces du livre de l’avocat du meurtrier d’Alexia D., Randall Schwerdorffer. La séance de dédicaces devait avoir lieu, vendredi, à Besançon, à la veille d’une manifestation nationale contre les violences sexistes et sexuelles.

Elle a été annulée par la librairie et l’éditeur de l’avocat, Hugo Doc, après la publication d’un communiqué de l’association Osez le féminisme du Doubs, qui reproche à l’auteur «l’écoeurante instrumentalisation» du meurtre d’Alexia D., et accuse la librairie de «complicité».

Expliquer, en aucun cas justifier

Me Schwerdorffer, avocat de Jonathann Daval, avait livré son récit et son analyse de l’affaire dans un ouvrage coécrit avec le journaliste Frédéric Gilbert, et paru en octobre. «Cet ouvrage a pour objet d’expliquer les circonstances d’un passage à l’acte abominable au sein d’un couple devenu toxique. En aucun cas de le justifier», a soutenu l’éditeur.

«La défense des violences faites aux femmes est une cause juste, noble et indispensable, mais il ne faut pas qu’au prétexte de cette cause, on entrave la liberté d’expression», a estimé le bâtonnier de Besançon, Mikaël Le Denmat, défendant le «droit de s’exprimer» de son confrère. «Faire pression sur un libraire pour empêcher une séance de dédicaces constitue une atteinte à la liberté d’expression, qui est un droit fondamental», a tancé le bâtonnier.

Randall Schwerdorffer a regretté d’être «privé de débat avec les lecteurs», estimant qu’«expliquer un crime ne veut pas dire l’excuser».

Tuée en octobre 2017

Le corps en partie calciné d’Alexia D., 29 ans, avait été retrouvé en octobre 2017 dans un bois près de son domicile de Gray-la-Ville (Haute-Saône), après que son mari Jonathann eut signalé sa disparition. Après avoir montré le visage d’un veuf éploré pendant trois mois, l’informaticien avait été confondu par les gendarmes. Il avait finalement reconnu le meurtre de sa femme et a été condamné à 25 ans de réclusion en novembre 2020.

Les parents d’Alexia ont eux aussi publié leur témoignage dans un livre («Alexia, notre fille»), aux éditions Robert Laffont.

(AFP)

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