Canicule et incendiesOttawa va envoyer des renforts dans l’Ouest canadien
La région de la Colombie-Britannique est confrontée à une centaine d’incendies, causés par la vague de chaleur inédite qui ravage l’Ouest du continent.

Ottawa se prépare à envoyer des renforts en Colombie-Britannique, confrontée à une centaine d’incendies venus s’ajouter à la vague de chaleur inédite qui ravage l’Ouest canadien et américain, a indiqué vendredi le Premier ministre canadien Justin Trudeau.
En fin de journée, 152 incendies étaient actifs dans la province, dont 89 au cours des deux derniers jours, selon une carte du gouvernement provincial. «Nous serons là pour venir en aide à la Colombie-Britannique et à travers le pays», a promis Justin Trudeau, lors d’un point presse, notamment «pour aider à rebâtir».
Justin Trudeau a rencontré dans l’après-midi plusieurs ministres canadiens du «Groupe d’intervention en cas d’incident». Ces derniers ont décidé la mise en place d’un centre d’opération à Edmonton, dans l’ouest du Canada, pour «fournir du soutien à travers la région au besoin», où des forces armées seront positionnées pour apporter une aide logistique «si demandée», a indiqué le ministre de la Défense Harjit Sajjan.
«Les conditions sèches et la chaleur extrême en Colombie-Britannique sont sans précédent», a souligné le ministre de la Sécurité publique Bill Blair. «Ces incendies montrent que nous sommes au début de ce qui promet d’être un été long et difficile», a-t-il ajouté, lors d’un point presse.
Un millier d’évacuations
Le village canadien de Lytton, à quelque 250 km au nord-est de Vancouver, désormais célèbre pour avoir enregistré cette semaine un record national de chaleur à 49,6° Celsius, a lui brûlé à 90%. Les 250 habitants avaient été évacués mercredi soir en raison d’un feu qui s’est propagé très rapidement. Au total, environ un millier de personnes ont été évacuées mercredi soir dans la province.
Jeudi, le Premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan avait demandé des renforts auprès du gouvernement fédéral. Vendredi, en fin de journée, les services du médecin-légiste de la province ont à nouveau revu à la hausse le «nombre sans précédent» de décès, avec 719 morts recensés entre vendredi dernier et jeudi. Ce bilan provisoire est «trois fois supérieur» à la moyenne des décès enregistrés sur cette période en temps normal. Les États-Unis ont recensé au moins 16 décès.
«Les conditions météorologiques extrêmes que la Colombie-Britannique a connues au cours de la dernière semaine sont un facteur important qui contribue à l’augmentation du nombre de décès», a commenté Lisa Lapointe, la médecin-légiste en chef de la province, dans un communiqué.
La vague de chaleur se déplace
Un habitant de Lytton, Jeff Chapman, a expliqué à la chaîne anglophone CBC, avoir vu, impuissant, ses parents mourir dans l’incendie de la ville après qu’un poteau électrique fut tombé sur l’abri dans lequel ils se trouvaient. «Nos pensées se tournent vers les familles en deuil, qui font face à des pertes terribles», a déclaré Justin Trudeau.
«On voit très clairement que les événements extrêmes au niveau de la météo deviennent de plus en plus fréquents. On ne peut pas passer sous silence le fait que le changement climatique a des impacts dévastateurs à travers la planète», a-t-il souligné.
Vendredi, la vague de chaleur se maintenait dans les prairies du centre du Canada. Outre la Colombie-Britannique, des avertissements de canicule ont été lancés pour les provinces de l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, ainsi qu’une partie des territoires du Nord-Ouest, et désormais au nord de l’Ontario.
Les États-Unis souffrent aussi