VenezuelaL’opposition dénonce l’arrestation d’un de ses dirigeants
Député de l’ancienne Assemblée nationale toujours reconnue par une partie de l’Assemblée nationale, Freddy Guevara a été emmené aux services de renseignement vénézuéliens

L’opposition vénézuélienne a dénoncé lundi l’arrestation de Freddy Guevara, un proche de leur leader Juan Guaido qui se dit «harcelé» par les forces de sécurité. «Des groupes armés, – je ne peux les qualifier de (groupes issus de) l’État - sans identification et armés ont intercepté notre véhicule, quelques minutes après avoir fait de même avec Freddy Guevara, qui est porté disparu», a affirmé Juan Guaido.
Député de l’ancienne Assemblée nationale toujours reconnue par une partie de l’Assemblée nationale, Freddy Guevara a été emmené aux services de renseignement vénézuéliens, selon des proches de Juan Guaido. «En avant! Force et santé à ma famille. Désolé pour la souffrance qu’ils vont endurer. J’espère que ce sera court», a-t-il lancé en direct depuis sa voiture sur les réseaux sociaux avant que la retransmission ne soit coupée.
Interrogé par l’AFP sur cette possible arrestation, le procureur général a répondu qu’il ne ferait pas de déclaration.
Les autorités ont accusé l’opposition et notamment Freddy Guevara d’être impliqués dans les affrontements entre policiers et gangs criminels, qui ont fait 26 morts la semaine dernière.
Ancien leader étudiant, Freddy Guevara, 35 ans, avait déjà été accusé par le pouvoir d’incitation à la violence lors de grandes manifestations de l’opposition en 2017. 125 personnes avaient perdu la vie entre avril et juin 2017. Il s’était enfui au Chili avant d’être gracié par le président vénézuélien Nicolás Maduro.
Impasse politique
Cette arrestation survient alors que pouvoir et opposition cherchent à reprendre les négociations avant les élections régionales de novembre. Guevara faisait notamment partie des opposants qui ont rencontré la semaine dernière une mission exploratoire de l’Union européenne sur ce scrutin.
Le pays est dans une sorte d’impasse politique, avec un président Nicolás Maduro, non reconnu par une cinquantaine de pays dont les États-Unis qui cherchent à l’évincer du pouvoir, et un leader de l’opposition Juan Guaido, considéré comme président intérimaire par les États-Unis, mais qui n’a aucun pouvoir.
Washington et Bogotá ont condamné les événements du jour: «Nous condamnons fermement l’arrestation (…) Nous demandons à la communauté internationale de s’unir avec nous pour condamner ces actes et exiger la libération de tous les détenus politiques», a notamment écrit sur Twitter Julie Chung, secrétaire d’État adjointe des États-Unis pour les Amériques.