France: Un journaliste de BFMTV soupçonné d’ingérence étrangère

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FranceUn journaliste de BFMTV soupçonné d’ingérence étrangère

Figure bien connue de la chaîne d’info en continu, Rachid M’Barki aurait servi les intérêts de pays étrangers lors de ses émissions.

Le journaliste n’est plus à l’antenne depuis le 12 janvier.
Le journaliste n’est plus à l’antenne depuis le 12 janvier.AFP

L’une des têtes les plus connues de BFMTV est dans la tourmente à la suite de révélations parues sur le site Politico. Rachid M’Barki fait en effet actuellement l’objet d’une enquête interne au sein de la chaîne française d’information en continu. Le journaliste est soupçonné d’avoir servi les intérêts de pays étrangers en diffusant des images et propos non validés par sa hiérarchie lors de son «Journal de la nuit». Le média cite le Maroc, le Soudan, la Russie et le Qatar.

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Si Politico ne cite pas les séquences en question, «Libération» en a identifié deux, qui concernent le Maroc et le Soudan. Il s’agit notamment d’un sujet diffusé en pleine nuit le 22 juin, à propos d’un forum d’affaires entre l’Espagne et le Maroc à Dakhla au Sahara occidental, un territoire revendiqué par Rabat. À l’antenne, Rachid M’Barki évoque le «Sahara marocain» et décrit Dakhla comme une ville située «au sud du Maroc», ce qui revient à prendre parti pour ce pays dans ce dossier tendu.

De plus, aucun autre média français n’a parlé de la tenue de ce forum car aucun entrepreneur sérieux ou dirigeant espagnol n’y participait. Or, le journaliste de BFMTV a évoqué une «page importante dans les relations entre le Maroc et l’Espagne». «Libération» a en outre retrouvé une vidéo montrant Rachid M’Barki lors du 20e anniversaire de l’accession au trône du roi du Maroc. «Je voudrais être discret là-dessus, mais j’essaie d’agir à ma manière à mon petit niveau pour faire briller le Maroc», avait-il glissé.

Une autre séquence problématique concerne le Soudan et a été diffusée dans la nuit du 28 octobre 2022. Le journaliste parle de la famine dans le pays qui risque d’être aggravée par «un afflux de migrants et de réfugiés venus de pays voisins». Il diffuse alors un montage douteux contenant des images de propagande d’un bain de foule du général Mohamed Hamdan Daglo, un homme fort du pouvoir de transition après le putsch.

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«Les chiffres sont faux, les communiqués des agences internationales sont tronqués et les images n’ont pas de rapport avec le propos», explique Clément Deshayes, chercheur Afrique de l’Est à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM).

Rachid M’Barki n’est plus à l’antenne depuis le 12 janvier.

(joc)

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