Affaire ChevalineLe pôle «cold case» relance la piste du pistolet suisse
Plus de dix ans après le quadruple meurtre survenu près du lac d’Annecy, tous les services français de police et de gendarmerie sont priés d’être attentifs à toute affaire impliquant un Luger P06/29.
C’est l’un des dossiers criminels non élucidés les plus complexes du XXIe siècle: plus de dix ans après, l’affaire Chevaline continue de hanter les enquêteurs. Le 5 septembre 2012, trois membres d’une même famille britannique originaire d’Irak (ndlr: le père, la mère et la grand-mère) sont retrouvés morts dans leur voiture à Chevaline, près du lac d’Annecy (Haute-Savoie). Les deux fillettes du couple, 7 et 4 ans, ont miraculeusement survécu.
Près du véhicule, le corps d’un cycliste français qui passait par là est également retrouvé. Toutes les victimes ont été tuées avec un pistolet semi-automatique de modèle ancien. L’auteur de cette tuerie n’a toujours pas été identifié, mais le dossier n’a pas été enterré pour autant. Selon «Le Parisien», l’affaire est désormais entre les mains du pôle national «cold case» de Nanterre, qui se concentre sur la recherche de l’arme du crime.
«Piqûre de rappel»
En novembre dernier, la juge d’instruction Sabine Kheris a fait parvenir à l’ensemble des forces de l’ordre françaises un fichier «censé agir comme une piqûre de rappel», écrit le quotidien. Toutes les unités sont priées de signaler «toute procédure de découverte ou de destruction d’arme de poing P06 (type Luger) de calibre 7,65 mm parabellum ainsi que toute découverte de munition de ce calibre». Les experts pensent en effet que les victimes ont été abattues avec un Luger P06/29, une arme utilisée dans l’armée suisse lors de la première moitié du XXe siècle.
Cette arme «vintage» continue aujourd’hui d’intéresser certains adeptes du tir sportif et des collectionneurs suisses, français, italiens et belges. Toute autre affaire impliquant un Luger P06/29 pourrait donc s’avérer utile pour les enquêteurs, mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin: plus de 30’000 exemplaires de ce pistolet ont été fabriqués à l’époque et plusieurs milliers seraient encore en circulation, principalement en Suisse.