Séisme en Turquie et en SyrieLes sourires au cœur des abris de fortunes de Gaziantep
Presque une semaine après le tremblement de terre, nombreux sont celles et ceux qui doivent vivre sous tente. Reportage près de l’épicentre du premier séisme.
La région de Gaziantep a été fortement touchée lors des séismes de lundi passé. Au cœur de la ville de 2,5 millions d’habitants, la protection civile a dressé plusieurs campements pour abriter provisoirement ceux dont les logements ne sont plus habitables.
Dans le Masal Park, au centre-ville, une cinquantaine de tentes ont été installées. En moyenne, ce sont cinq à dix personnes par tente qui y logent. «Ça fait cinq jours qu’on dort dans nos voitures. Au moins ici, c’est plus confortable», raconte Fatih. Arrivé avec sa famille, le jeune homme ne sait pas combien de temps il va devoir loger dans ces camps de fortune.
Il faut dire qu’en ces temps, les températures sont basses à Gaziantep et toutes les tentes ne sont pas chauffées. «Il manque des tentes et nous n’avons que 3 toilettes pour énormément de personnes dans le camp», ajoute Ferit, beau-père de Fatih.
Des sourires malgré la situation
Vers 10h du matin, les premières rations de nourriture sont distribuées. Après avoir récupéré son thé, Adem se confie: «Je suis là depuis le premier jour. Ça fait plaisir de voir que vous vous intéressez à nous.» Un peu à l’image du camp, cet ancien paraît plutôt jovial. Malgré la situation, les sourires ne manquent pas. Le parc a même retrouvé ses anciennes fonctions de place de jeux pour les familles.
Non loin de là, c’est autre chose qui attire l’attention des enfants, qui accourent pour prendre les uns après les autres des selfies avec une journaliste coréenne.
Il faut dire que, hormis les autorités ou les ONG et les réfugiés, ce sont les médias qui peuplent le parc. Les victimes du séisme racontent volontiers leur histoire, balbutiant quelques mots d’anglais (ou même de japonais!).
Les familles logent en moyenne quinze jours dans les abris de fortune, le temps que les experts évaluent les bâtiments restés debout. Ces «tent cities», présentes dans les grandes villes comme dans les villages les plus reculés, sont le visage de cette catastrophe.
Gabriel Nista (gni) est journaliste Régions à 20 Minutes, titre qu'il a rejoint en 2021.
