FranceUne statue de l’archange Saint-Michel déboulonnée au nom de la laïcité
C’est la fin d’un long combat judiciaire entre la municipalité des Sables-d’Olonne et une association qui voyait dans cette statue «une atteinte manifeste à la laïcité».
Le Conseil d’Etat de la commune des Sables-d'Olonne, en Vendée (F) a pris vendredi une décision qui ne manquera pas de faire polémique. En conclusion d’une longue bataille judiciaire entamée il y a deux ans, une statue de l’archange Saint-Michel devra être déboulonnée, au nom de la laïcité.
Atteinte à la laïcité
L’histoire débute en 2018, lorsque l’ancienne école de Saint-Elme est détruite pour accueillir les élèves dans de nouveaux locaux. Au centre de la cour de l’école trônait la fameuse statue de l’archange Saint-Michel. La municipalité décide alors de restaurer la statue et l’installe sur le parvis de l’église Saint-Michel. Mais cette décision ne fait pas l’unanimité. L’association de la Libre pensée y voit en effet «une atteinte manifeste à la laïcité» et demande à ce que la statue soit enlevée.
Longue bataille judiciaire et votations
Or, en décembre 2021, le tribunal administratif de Nantes avait donné raison à l’association, mais Yannick Moreau, le maire des Sables-d’Olonne, a fait recours. Le feuilleton judiciaire se poursuit et, en 2022, la cour administrative de Nantes demande à la municipalité de retirer la statue dans un délai de six mois. Yannick Moreau fait à nouveau appel. Finalement, l’affaire est close ce vendredi avec la décision du Conseil d’Etat qui a rejeté le pourvoi en cassation.
Au milieu du débat et des allers-retours de la justice, Yannick Moreau avait même organisé un vote populaire sur le sujet. 94% des habitants des Sables-d’Olonne avaient alors souhaité conserver la statue devant l’église Saint-Michel. Mais la votation ne suffira pas.
Colère et déception
Le maire ne conteste pas la décision du Conseil d’Etat mais a annoncé au journal local , Les Sables, que, malgré le déboulonnement, il trouverait une solution pour que la statue reste devant l’église. Dans un tweet, il a fustigé «la tempête du wokisme et de la cancelculture» qui «s’est abattue sur les sables d’Olonne».