Amendes illimitées pour les pollueurs en Grande-Bretagne

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Grande-BretagneLes pollueurs pourraient écoper d’amendes illimitées

Mercredi, le gouvernement britannique a décidé de déplafonner les amendes pour les entreprises qui polluent, notamment les compagnies d’eau.

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En Grande-Bretagne, le secteur de l’eau est sous le feu des critiques pour le déversement de quantités importantes d’eaux usées dans les cours d’eau et en mer.
En Grande-Bretagne, le secteur de l’eau est sous le feu des critiques pour le déversement de quantités importantes d’eaux usées dans les cours d’eau et en mer.Getty Images via AFP

Des amendes illimitées pour les pollueurs: Londres a annoncé mercredi son intention de supprimer le plafond des sanctions administratives, aujourd’hui fixé à 250’000 livres (284’671 francs), à l’heure où les compagnies d’eau sont pointées du doigt pour des déversements d’eaux usées dans l’environnement.

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«Les pollueurs doivent toujours payer. Nous supprimons le plafond des sanctions administratives et élargissons considérablement leur champ d’application pour cibler un éventail d’infractions beaucoup plus large», a annoncé la ministre de l’Environnement Thérèse Coffey dans un communiqué.

Sous le feu des critiques

L’Agence environnementale britannique et Natural England, deux organismes publics, pourront agir sans passer par «des poursuites pénales longues et coûteuses, même si les affaires les plus graves» seront toujours portées devant les tribunaux, assure le gouvernement dans ce communiqué.

Le projet de loi du gouvernement ne concerne pas seulement les compagnies de traitement de l’eau, mais aussi d’autres secteurs d’activité potentiellement polluants, comme la gestion des déchets ou encore les incinérateurs, ou les particuliers.

Mais le secteur de l’eau est sous le feu des critiques depuis plusieurs années pour le déversement de quantités importantes d’eaux usées dans les cours d’eau et en mer, en raison notamment d’un manque d’investissements dans le réseau d’égouts qui date de l’époque victorienne (fin du XIXe siècle). L’amélioration des infrastructures coûtera des milliards de livres, alors que les compagnies du secteur au Royaume-Uni ont accumulé plus de 60 milliards de livres de dette depuis leur privatisation en 1989 sous Margaret Thatcher.

«Cela prendra du temps»

En difficulté, le distributeur d’eau de la région de Londres Thames Water, plus grande compagnie d’eau du Royaume-Uni, a été condamné à des millions de livres d’amende ces dernières années pour des pollutions de cours d’eau. «Je peux comprendre la frustration des clients. Nous voulons voir des améliorations (…), mais cela prendra du temps», a indiqué le nouveau président du conseil d’administration de l’entreprise, Adrian Montague, mercredi devant la commission parlementaire à l’Environnement.

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Criblée de dettes, cette entreprise dont la situation financière inquiète jusqu’au gouvernement britannique, a annoncé lundi un nouveau financement de 750 millions de livres de ses actionnaires d’ici 2025. C’est moins que le milliard de livres qu’elle cherchait à obtenir, et l’entreprise a dit prévoir des besoins supplémentaires de l’ordre de 2,5 milliards de livres pour la période 2025-2030.

Résilience «insuffisante»

Les inquiétudes sur la santé financière de l’entreprise ont été alimentées fin juin par la démission, sans explication, de la directrice générale de Thames Water, Sarah Bentley. Si «la démission de Sarah a été une surprise», il s’agissait d’une «décision personnelle», a assuré mercredi Adrian Montague. «Je pense qu’elle en était peut-être arrivée à un point où les charges de son travail lui pesaient de façon considérable.»

«Nous sommes très clairs et avons dit clairement depuis un certain temps que Thames (Water) a une résilience financière insuffisante et qu’ils doivent y remédier», a pour sa part assuré devant la même commission parlementaire David Black, directeur général de l’Ofwat, le régulateur du secteur.

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Régime «spécial»

Le gouvernement britannique s’est dit prêt à n’importe quel scénario, face aux inquiétudes pour Thames Water, qui dessert 15 millions de clients à Londres et dans la vallée de la Tamise. Y compris, en cas d’insolvabilité, à reprendre la main via un régime «d’administration spéciale», a confirmé mercredi, elle aussi devant la commission parlementaire, Rebecca Pow, secrétaire d’État en charge de l’Eau.

Mais «nous sommes loin d’une telle situation», a-t-elle assuré, ajoutant que «depuis la privatisation, les investissements ont en fait doublé par rapport à ce qu’ils étaient avant» dans le secteur.

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(AFP)

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