Disparition d’ÉmileDéjà traumatisés par deux drames, les habitants se sentent «maudits»
Le petit village du Vernet a été marqué en 2008 par le meurtre d’une commerçante, puis en 2015 par le crash d’un avion de la Germanwings. L’affaire Émile fait l’effet d’un coup de massue.
Cinq jours après la disparition du petit Émile dans les Alpes-de-Haute-Provence, le hameau où se sont déroulées les recherches vit en apnée. Les habitants ont l’impression de revivre le cauchemar de mars 2015, quand un avion de la compagnie Germanwings s’était écrasé non loin. Le copilote, l’Allemand Andreas Lubitz, s’était enfermé dans le cockpit et avait délibérément provoqué le crash de l’appareil, emportant avec lui 149 personnes. L’avion effectuait la liaison Barcelone (Esp) – Düsseldorf (All) et s’était écrasé dans le massif de l’Estrop, près du village du Vernet.
Les habitants avaient alors joué un rôle prépondérant dans ce drame: ils s’étaient portés volontaires pour aider les autorités et certains d’entre eux avaient gracieusement accueilli chez eux les familles des victimes. À l’époque, la zone avait été quadrillée, un peu comme elle l’a été ces derniers jours pour laisser place aux forces de l’ordre enquêtant sur la disparition d’Émile. Avant ce crash de 2015, le Vernet avait déjà été secoué en 2008 par le meurtre de Jeannette Grosos, gérante du café du village sauvagement tuée par un client. «C’est un véritable drame pour tout le village qui aura du mal à s’en remettre», confiait à l’époque François Balique, maire du Vernet.
«Tout le monde est mal»
La disparition d’Émile vient ajouter un nouveau poids sur les épaules des villageois. Certains confient à «La Montagne» qu’ils ont «l’impression de vivre dans un village maudit». «On est très inquiets. Cela fait trois fois que le village est frappé par ce type de drame», explique un habitant à «L’Écho Républicain». «Je suis très affecté. Vous savez, le village a déjà subi trois traumatismes. Mais là, un enfant de deux ans et demi, c’est terrible. Tout le monde est mal. Et le fait que ce soit un gamin, tout le monde est très mal à l’aise, c’est malsain», souffle un autre villageois. Le maire du Vernet, lui, balaie l’idée d’une malédiction planant sur le hameau: «Non, on ne peut pas dire ça. Ce sont les hasards de la vie», estime François Balique.
Déjà une disparition d’enfant en 1989
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Joëlle Mermoud (joc) est journaliste à 20 Minutes depuis 2009. Elle traite de l'actualité internationale au Newsdesk, avec un faible pour les histoires insolites.
