BirmanieBousculade mortelle devant un bureau des passeports pris d'assaut
Deux femmes sont mortes lundi dans un incident provoqué par des demandeurs cherchant à quitter le pays, afin d’échapper au service militaire imposé par la junte.

Une bousculade devant un bureau des passeports pris d’assaut à Mandalay, deuxième ville de Birmanie, a causé la mort de deux femmes de 52 et 39 ans, lundi, a déclaré à l’AFP un secouriste venu sur les lieux. Des centaines de personnes se sont battues pour récupérer un précieux jeton permettant de déposer une demande de passeport pour quitter le pays, afin d’échapper au service militaire imposé par la junte. «Il y avait un fossé près de la foule. Des gens sont tombés dans le fossé et les deux femmes sont mortes par manque d’oxygène», a déclaré à l’AFP le secouriste qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité. Une autre femme a été légèrement blessée. Les trois femmes vendaient des jetons attribuant des numéros dans la file d’attente. Les médias locaux ont également fait état des décès.
Service militaire d'au moins deux ans
La junte a décrété le 10 février dernier l’application d’une loi de 2010 imposant un service militaire d’au moins deux ans pour tous les hommes âgés de 18 à 35 ans, et les femmes âgées de 18 à 27 ans. Cette décision a fait suite à une récente série de revers pour les généraux au pouvoir depuis le coup d’État de 2021, contestés dans plusieurs régions par ses adversaires ethniques et politiques.
Les autorités militaires n’ont pour le moment pas détaillé leur plan, mais l’incertitude a poussé de nombreux jeunes à prendre les devants. La semaine dernière, les médias locaux ont montré des centaines de personnes faisant la queue devant le bureau des passeports de Mandalay.
À Rangoun, la capitale économique, des milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes ont fait la queue devant l’ambassade de Thaïlande, la semaine dernière, dans l’espoir d’obtenir un visa afin de quitter le pays. Près de 13 millions de personnes sont éligibles à la conscription, a indiqué le porte-parole de la junte, bien que l’armée n’ait les moyens d’en entraîner que 50'000 par an.
La junte a déjà déclaré qu’elle prenait des mesures pour armer les milices pro-militaires dans sa lutte contre les opposants à travers le pays, qu’il s’agisse des «Forces de défense du peuple» (PDF) anti-coup d’État ou de groupes armés plus anciens issus de minorités ethniques.