Le scénario ukrainien va-t-il se répéter en Moldavie?

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Séparatistes prorussesLe scénario ukrainien va-t-il se répéter en Moldavie?

Mercredi, le gouvernement autoproclamé d'un territoire prorusse séparatiste, la Transnistrie, a demandé la «protection» de la Russie. 

Vadim Krasnosselsky, le chef du gouvernement de Transnistrie, lors d'un congrès avec les députés de cette région moldave séparatiste prorusse qui s'est déroulé mercredi à Tiraspol.
Vadim Krasnosselsky, le chef du gouvernement de Transnistrie, lors d'un congrès avec les députés de cette région moldave séparatiste prorusse qui s'est déroulé mercredi à Tiraspol.AFP

Deux ans après l'invasion russe en Ukraine, que Moscou avait justifiée par sa volonté de prendre la défense des régions séparatistes situées dans le Donbass, la tension monte en Moldavie. Les autorités de ce petit pays de l'Est, coincé entre l'Ukraine et la Roumanie, doivent elles aussi composer avec un territoire séparatiste autoproclamé prorusse, la Transnistrie. Celle-ci s'étend sur une bande à l'est du pays, le long de sa frontière avec l'Ukraine.

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Or, mercredi, les autorités de la Transnistrie ont adopté une déclaration officielle demandant la «protection» de la Russie face à la Moldavie. Les députés de ce territoire, réunis en congrès extraordinaire à Tiraspol, ont réclamé au Parlement russe de «mettre en œuvre des mesures pour protéger» ce petit territoire où vivent «plus de 220'000 citoyens russes» face à une «pression accrue de la part de la Moldavie». La Transnistrie est confrontée à des «menaces sans précédent de nature économique, socio-humanitaire et militaro-politique», est-il écrit dans leur déclaration.

Le ministre séparatiste des Affaires étrangères, Vitali Ignatiev, a précisé sur la chaîne de télévision russe Rossiya-24 qu’il s’agissait «tout d’abord de demander un soutien diplomatique» à Moscou.

«Propagande», selon la Moldavie

La diplomatie russe a rapidement répondu, assurant avoir pour «priorité» la «protection» des habitants de la Transnistrie et ajoutant que Moscou allait «examiner avec attention» la demande de Tiraspol, sans donner plus de précisions.

Le gouvernement moldave a, quant à lui, dit «rejeter la propagande» des dirigeants séparatistes et affirmé que la région bénéficiait des «politiques de paix, de sécurité et d’intégration économique» dans le cadre de ses liens avec l’Union européenne.

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L’enchaînement de ces événements rappelle au stade actuel celui de février 2022, lorsque l’appel des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine avait ensuite été l’un des prétextes mis en avant par le président russe Vladimir Poutine pour déclencher une attaque de grande ampleur contre ce pays.

«Dangereux» pour la région

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a estimé que ces tensions en Transnistrie étaient «dangereuses» pour la région et l’Ukraine. «La menace d’une intervention russe, ou du moins d’une provocation, est permanente. Cela ne me surprend pas. Mais cela montre à quel point la situation est dangereuse, et pas seulement pour l’Ukraine», a-t-il affirmé.

Washington a pour sa part affirmé soutenir «la souveraineté» de la Moldavie. «Les États-Unis soutiennent fermement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Moldavie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues», a déclaré à la presse Matthew Miller, porte-parole du Département d’État.

Vive réaction de l'Ukraine

La diplomatie ukrainienne a mis en garde contre toute «interférence extérieure destructrice» en Transnistrie et a appelé «à une résolution pacifique des questions économiques, sociales et humanitaires, sans aucune ingérence extérieure destructrice», allusion à peine voilée à la Russie.

Présent à un sommet en Albanie, où il a insisté sur la nécessité de la livraison d’urgence d’armes et de munitions à son pays, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué avoir rencontré son homologue moldave Maia Sandu, avec laquelle il a discuté «des récents développements en Transnistrie, des efforts de la Russie pour déstabiliser la région et de moyens efficaces pour contrer l’influence néfaste de l’État agresseur».

De la Transnistrie à Odessa?

La Transnistrie a fait sécession après une courte guerre en 1992. La Russie y maintient toujours 1500 militaires censés notamment assurer une mission de maintien de la paix. Cependant, depuis l’assaut russe de février 2022 contre Kiev, des conjectures ressurgissent régulièrement quant à une éventuelle attaque russe à partir de la Transnistrie en direction de la grande ville portuaire ukrainienne d’Odessa, sur la mer Noire.

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Comptant officiellement 465'000 habitants majoritairement russophones, ce territoire n’est pas reconnu en tant qu’État par la communauté internationale, y compris par Moscou.

Depuis le début de l’assaut russe en Ukraine, les craintes d’un élargissement du conflit à la Transnistrie ont rejailli à plusieurs reprises. L’an passé, les autorités de ce territoire avaient accusé Kiev de vouloir l’attaquer et affirmé avoir déjoué un attentat visant ses dirigeants.

Et, la semaine dernière, le ministère russe de la Défense a encore assuré, sans présenter de preuves, que l’Ukraine préparait une «provocation armée» contre la Transnistrie.

Moldavie tournée vers l'Europe

Chisinau et l’UE reprochent régulièrement à la Russie de chercher à déstabiliser la Moldavie, anciennement dans sa zone d’influence mais dont les autorités sont désormais résolument tournées vers l’Europe. En décembre 2023, l’UE a décidé d’ouvrir des négociations d’adhésion à la fois avec l’Ukraine et la Moldavie.

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(afp/jfz)

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