FranceIndignation après le départ d’un proviseur menacé de mort
Un proviseur a quitté ses fonctions pour des raisons de sécurité un mois après une altercation avec une élève voilée. La classe politique crie au scandale.

De la gauche à l’extrême droite, des responsables politiques ont déploré mercredi un «échec» face à la «mouvance islamiste», après le départ d’un proviseur de lycée parisien menacé de mort depuis une altercation avec une élève voilée.
Un mois après les faits, intervenus le 28 février, le proviseur du lycée Maurice-Ravel a quitté ses fonctions «pour des raisons de sécurité» selon un message envoyé mardi aux enseignants, élèves et parents. Le rectorat a, lui, évoqué «des convenances personnelles» et un «départ anticipé» en retraite «au vu des événements qui ont marqué ces dernières semaines».
Dans un message adressé à l’équipe du collège, cité par le journal «L’Humanité» sur X (ex-Twitter), le proviseur explique de son côté avoir «pris la décision» de quitter ses fonctions «par sécurité pour (lui), et pour l’établissement». «Je pars après sept ans riches et intenses passés à vos côtés, mais aussi après 45 ans dans l’éducation nationale», écrit-il.
Cible de menaces sur le Net
Le chef d’établissement était la cible de menaces de mort sur internet depuis une altercation avec une élève majeure qui avait refusé d’ôter son voile dans l’enceinte scolaire.
«Voilà à quoi aboutit le «pas de vagues», voilà où nous mènent les petites lâchetés et les grands renoncements», a réagi le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau sur le réseau social X. «On ne peut pas l’accepter», a déclaré sur France 2 le chef des députés socialistes Boris Vallaud, estimant que c’était «un échec collectif».
«Fléau de l’islamisme»
«C’est surtout une défaite de l’Etat» face à «la gangrène islamiste qui prospère», a renchéri sur Sud Radio la tête de liste Reconquête aux élections européennes, Marion Maréchal.
Pointant lui aussi le «fléau de l’islamisme», le maire LR de Cannes David Lisnard a dénoncé plus largement sur France Inter une «'décivilisation' qui fait beaucoup de mal» et établit un lien avec «les agressions sur les élus et les dépositaires de l’autorité publique».
«L’autorité, elle est du côté des chefs d’établissement et des enseignants, et on se doit de soutenir cette communauté éducative», a justement affirmé la députée Renaissance Maud Bregeon au micro d’Europe 1/CNews, accusant elle aussi, au nom de la majorité, «une mouvance islamiste qui veut briser l’école de la République».
Le ministère de l’Education a assuré de son côté mercredi qu’il «n’abandonn(ait) jamais ses agents» face «aux menaces». «Après la décision du proviseur, compréhensible au regard de la gravité des attaques dont il a fait l’objet, toutes les équipes de l’Éducation nationale demeurent mobilisées», a-t-il ajouté dans un communiqué. «Les services de l’académie de Paris continueront à l’accompagner dans l’ensemble de ses démarches».
La plainte de l’étudiante classée sans suite