Couronnement Charles III«Rottweiler», «briseuse de ménage»: la revanche de Camilla
Elle a été le grand amour du roi et sera couronnée à ses côtés samedi: un parcours extraordinaire pour une nouvelle reine de 75 ans, longtemps diabolisée.
Depuis les années 1990, elle a navigué toutes les crises, stoïque et discrète. Longtemps les Britanniques ont vu en Camilla une briseuse de ménage, ne lui pardonnant pas la fin du mariage conte de fées du prince Charles et de la princesse Diana. Elle est désormais mariée depuis 18 ans à Charles, le connaît depuis plus de 50 ans. Le couple projette l’image d’un partenariat complice. «C’est une femme chaleureuse et intelligente, pleine d’humour et de bon sens, qui n’a pas cherché à se mettre en avant», explique Isabelle Rivière, spécialiste de la monarchie britannique.
«Ceux qui ne l’aiment pas sont ceux qui ne la connaissent pas». Mais en dépit de son dévouement à la Couronne, de ses centaines d’engagements par an et de ses patronages caritatifs, la cote de popularité de Camilla reste mitigée. Seulement 14% des Britanniques veulent qu’elle soit connue comme la «reine Camilla» selon un récent sondage. 36% acceptent au mieux «reine consort», comme Elizabeth II l’avait souhaité, et 23% pensent qu’elle ne devrait pas avoir de titre du tout.
«Âmes sœurs»
Diana l’avait surnommée la «Rottweiler», sobriquet qui l’a longtemps poursuivie. Le prince Harry l’a décrite dans son autobiographie comme la «méchante» qui voulait «la couronne». «Ce n’était pas le but final» a riposté Tom Parler Bowles, fils de Camilla, dans le podcast News Agents. «Elle a épousé la personne qu’elle aimait». «Elle s’est mariée par amour, sachant très bien que cela impliquerait la couronne», tempère le commentateur royal Richard Fitzwilliams qui décrit une femme ayant «un sens aigu du devoir» et «dévouée à son mari».
Ce sont «des âmes sœurs: même âge, mêmes amis, même sens de l’humour (…) Tout ce que lui et Diana n’avaient pas», ajoute-t-il. Casque de cheveux blonds et voix grave, sourire tranquille et humour maniant volontiers l’autodérision, toujours un pas derrière son mari, Camilla reste peu connue après des années dans l’ombre. «Elle a des opinions bien arrêtées sur beaucoup de choses mais les garde pour elle», explique Tom Parker Bowles, racontant une mère aimant jardiner depuis toujours et «bonne cuisinière».
À l’école en Suisse
Elle est présidente ou marraine de plus de 90 associations caritatives, défend depuis des années les victimes de viols et d’agressions sexuelles. Certains sujets lui tiennent particulièrement à cœur comme l’ostéoporose, maladie des os fatale à sa mère et sa grand-mère. Issue de la grande bourgeoisie, fille d’un officier reconverti dans le négoce de vins, elle grandit à la campagne, arrête ses études au brevet, achève son éducation dans une «Finishing School» en Suisse pour y apprendre les bonnes manières.
Elle rencontre Charles en 1970 à un match de polo. S’ensuit une brève liaison, avant que leurs chemins ne divergent. Elle épouse l’officier Andrew Parker Bowles en 1973. Charles épouse Diana en 1981. Ils reprennent leur liaison en 1986, Camilla divorce en 1995, Charles en 1996. Après la mort de Diana, une campagne de communication s’organise pour la faire accepter. Le remariage du prince et de Camilla en 2005 suscite beaucoup de réticences. La reine Elizabeth II n’y vient pas, mais organise une réception au château de Windsor. Au fil des ans, elle devient très proche de cette bru qui, comme elle, aime les chevaux et les chiens.