Télévision: BFMTV licencie son journaliste Rachid M’Barki

Publicité
Publié

TélévisionBFMTV licencie son journaliste Rachid M’Barki

Le journaliste, qui présentait l’édition de nuit sur la chaîne française, a été débarqué après avoir diffusé à l’antenne des infos qui lui étaient glissées par une officine israélienne, sans vérification.

Source préférée
Rachid M’Barki avait été suspendu le 11 janvier, après qu’une enquête avait révélé qu’il avait participé à une opération de désinformation pilotée par une officine composée d’anciens membres des services de sécurité israéliens.
Rachid M’Barki avait été suspendu le 11 janvier, après qu’une enquête avait révélé qu’il avait participé à une opération de désinformation pilotée par une officine composée d’anciens membres des services de sécurité israéliens.AFP

BFMTV a licencié son journaliste Rachid M’Barki, à l’issue de l’audit lancé en raison de soupçons quant à une ingérence dans son travail, et a porté plainte contre X, selon un courriel interne envoyé jeudi. La chaîne d’information française avait ouvert en janvier une enquête interne en raison de ces soupçons. Ils concernaient des brèves ayant notamment trait aux oligarques russes, au Qatar ou au Sahara occidental et diffusées sur l’antenne durant des éditions de la nuit que Rachid M’Barki présentait.

Publicité

Selon une enquête du collectif de journalistes Forbidden Stories, auquel a contribué pour la France la cellule investigation de Radio France et du quotidien «Le Monde», cette affaire est une petite partie d’une vaste entreprise de désinformation pilotée par une officine israélienne, qui vendrait ses services dans le monde entier. Cette société est composée d’anciens membres des services de sécurité israéliens, selon les révélations du collectif diffusées par trente médias internationaux.

«Je n’écarte rien, peut-être que je me suis fait avoir»

Interrogé début février par le site Politico, qui avait dévoilé sa mise en cause, Rachid M’Barki, suspendu depuis le 11 janvier, avait admis avoir «utilisé des infos qui (lui) venaient d’informateurs» et qui n’avaient «pas forcément suivi le cursus habituel de la rédaction». «Elles étaient toutes réelles et vérifiées. (…) Je n’écarte rien, peut-être que je me suis fait avoir, je n’avais pas l’impression que c’était le cas ou que je participais à une opération de je ne sais quoi sinon je ne l’aurais pas fait», avait-il poursuivi.

L’audit interne a «permis d’identifier plusieurs séquences, entre 2021 et 2022, qui ont été diffusées sans respect des «process» de validation et de la ligne éditoriale», écrit dans un courriel interne le directeur général de BFMTV, Marc-Olivier Fogiel. «Ces manquements sont de la seule responsabilité d’un journaliste qui n’a pas respecté les règles en vigueur au sein de la rédaction. La direction a décidé de mettre fin à son contrat de travail, le 21 février 2023», souligne-t-il.

Publicité

Plainte contre X pour corruption passive et abus de confiance

«Une plainte contre X relative aux faits dont BFMTV a été victime a été déposée le 22 février 2023», ajoute Marc-Olivier Fogiel. Elle concerne des faits de corruption passive et abus de confiance. En réaction à cette affaire, la chaîne a décidé de «renforcer encore» ses dispositifs de validation rédactionnels, précise le directeur. Ce dernier souligne dans son message que «ce cas isolé ne reflète en rien le travail exceptionnel et rigoureux exercé avec professionnalisme et déontologie par les 250 journalistes de BFMTV».

Publicité
(AFP)

Ton opinion

Section commentaires désactivée

Compte tenu du caractère sensible du sujet et pour éviter tout contenu blessant, nous avons décidé de désactiver la section commentaires. Merci de votre compréhension.Règles de la communauté

Publicité