Guerre en UkraineLes menaces russes contre un reporter suisse jugées «inacceptables»
L’ambassade de Russie a menacé un journaliste de la NZZ qui couvre le conflit en Ukraine et l’accuse de soutenir le terrorisme. Berne sort les griffes.
Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a qualifié de «proprement inacceptables» les propos de l’ambassade de Russie envers un journaliste de la NZZ chargé de couvrir la guerre en Ukraine. Le reporter a été menacé il y a quelques jours dans un communiqué sur le site internet de l’ambassade, d’une amende, de travaux forcés ou d’une peine de deux à cinq ans de prison s’il retourne en Russie.
«Pour le DFAE, cette manière de faire est proprement inacceptable. Nous allons le faire savoir sans équivoque à l’ambassadeur russe, et lui rappellerons que la liberté d’information et la liberté des médias sont garanties par la Constitution fédérale», a réagi sur Twitter le chef de la communication du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Nicolas Bideau.
Propagande terroriste
L’article qui a hérissé Moscou évoquait les conditions dans la ville ukrainienne de Melitopol occupée par la Russie et sur les actes de sabotage des partisans ukrainiens. Il y était notamment question de femmes de la ville qui «distribuaient aux soldats russes des pâtisseries coupées avec des laxatifs». L’ambassade a qualifié d’inventions et de rumeurs cet épisode et a estimé que l’article était de la «propagande terroriste via les médias».
Ce n’est pas la première fois que l’ambassade de Russie – qui fait l’objet d’une protection renforcée – accuse les journalistes suisses de reportage unilatéral en faveur de l’Ukraine, rappelle de son côté le Tages-Anzeiger jeudi. Ce qui est nouveau, c’est que la Russie évoque ouvertement cette fois des menaces à l’encontre d’un reporter.
L’ambassade russe répond
Christine Talos (cht) est journaliste à 20 Minutes depuis 2011. Elle travaille pour la rubrique politique, au sein de la rédaction nationale.
