France – Un étudiant torturé pour son code de carte bancaire

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FranceUn étudiant torturé pour son code de carte bancaire

Coups, visage brûlé, clé enfoncée dans les yeux. Deux hommes avaient torturé et laissé pour mort un étudiant à qui ils voulaient extorquer son code de carte bancaire. Ils ont été condamnés à 17 ans de prison ferme.

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L’étudiant, désormais ingénieur au ministère des Armées, ne donnera jamais le bon code à ses agresseurs (image prétexte).
L’étudiant, désormais ingénieur au ministère des Armées, ne donnera jamais le bon code à ses agresseurs (image prétexte).AFP

Deux hommes ont été condamnés vendredi à 17 ans de prison ferme par la cour d’assises de l’Oise pour avoir torturé et laissé pour mort un étudiant à qui ils voulaient extorquer son code de carte bancaire.

Les jurés ont été plus sévères que l’avocate générale qui avait requis 15 ans contre Marvin T. et Montassar H., âgés de 23 ans au moment des faits. Les deux accusés ont indiqué qu’ils feraient appel, la défense jugeant la peine «excessive». La troisième accusée, Emilie D., âgée de 17 ans à l’époque, a pour sa part écopé de cinq ans, dont trois avec sursis probatoire de 3 ans et un aménagement pour la partie ferme. Elle ne fera pas appel.

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«J’ai été entendu. C’est ce que j’attendais de ce procès. Je me sens libéré, je vais pouvoir passer à autre chose», a réagi Guillaume G., en disant «espérer que cette sanction permettra aux accusés de changer». Pour son avocat, Me Matthieu Chirez, qui a dénoncé lors de sa plaidoirie «un projet criminel global avec des actes de torture et de barbarie», «cette décision d’un jury populaire rappelle la gravité des faits».

«La sauvagerie à l’état brut»

La victime, un étudiant parisien alors âgé de 25 ans et originaire des Yvelines, avait été retrouvée grièvement blessée le 19 avril 2017 au petit matin, dans un champ près des étangs de Boran-sur-Oise (Oise). Abandonné entièrement nu par -4 degrés, il était en état d’hypothermie. Quelques heures plus tôt, il avait rencontré les accusés – ainsi qu’un mineur qui sera jugé ultérieurement – à bord de leur véhicule, après une soirée à Paris. Il leur avait demandé de le ramener chez lui.

Les quatre jeunes s’en étaient alors violemment pris à lui, pour dérober ses biens et lui faire livrer son code de carte bancaire. «Cette affaire, c’est la sauvagerie à l’état brut. La victime a été déshabillée, humiliée. Une pluie de coups va s’abattre sur Guillaume, un déferlement de violences pendant 1H20», a insisté l’avocate générale Manon Noël durant sa réquisition.

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«Mais cela ne suffit pas: il est brûlé au visage, sur le corps, lacéré, fouetté avec un bâton qu’on tente de lui introduire dans l’anus. La victime finit par suivre ses agresseurs à quatre pattes car elle ne peut plus marcher. Ils l’ont réduit au statut d’animal», a-t-elle poursuivi.

«Je me rappelle d’un champ avec cette voix d’homme qui me dit : ton code de carte bleue ou on te tue", a raconté Guillaume G., 29 ans aujourd’hui, lors du procès. L’étudiant, désormais ingénieur au ministère des Armées, ne donnera jamais le bon code. «Si cela avait pu faire cesser les coups, je l’aurais donné. Mais je ne devais plus être moi-même», a-t-il expliqué.

Jugés pour violences, extorsion, torture et actes de barbarie, séquestration et vol, les mis en cause avaient été retrouvés grâce à la téléphonie. Leur Audi A3 avait également été filmée par des caméras de vidéosurveillance. A l’issue des plaidoiries, ils ont présenté des excuses à la victime et à sa famille.

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