FranceLa mère de Toni, mort sous les coups à 3 ans, «n’a pas compris»
Au procès en appel de la mère et du beau-père du garçonnet mort «éclaté» sous la violence de Loïc V., l’avocat requiert une peine plus lourde pour la mère.

Une peine de 20 ans de réclusion a été requise vendredi en appel devant la Cour d’assises des Ardennes contre Loïc V., le beau-père du petit Tony mort à l’âge de 3 ans en 2016 sous ses coups, et six ans de prison ferme contre la mère.
En première instance à Reims devant la Cour d'assises de la Marne, Loïc V. avait justement été condamné à 20 ans de réclusion. Mais le Parquet général, qui en avait requis 30, avait fait appel de la décision.
L’avocat général Bruno Fayard a requis la même peine que celle infligée au beau-père en première instance en février, assortie de «deux tiers de sûreté». En février, l’avocat général avait requis 30 ans.
Il a requis six ans de prison ferme avec mandat de dépôt contre la mère de Tony, 19 ans au moment des faits, poursuivie pour non-dénonciation de mauvais traitements et non-assistance à personne en danger: deux ans de plus que sa condamnation en première instance.
Dans son réquisitoire ce vendredi, l'avocat général a justifié le fait de réclamer une peine moins lourde que celle requise il y a quelques mois : «Il y a peu de temps encore, j'estimais qu'il fallait plus que ça. Quand j'ai entendu Ployé (l'expert-psychologue) dire que Loïc V. ne racontait pas d'histoires quand il nous dit qu'il se considère comme une merde, je me suis dit que je ne pouvais pas demander 30 ans. Lui, il a compris. Caroline Létoile n'a pas compris. J’affirme qu’elle n’était pas sous son emprise».
À l’ouverture lundi de leur procès en appel, les deux accusés avaient reconnu les faits.
60 ecchymoses dont 23 à la tête
Présentée par les experts comme immature et sous l’emprise de Loïc V., la mère n’a jamais dénoncé les coups malgré les nombreuses interrogations et inquiétudes que formulaient très régulièrement ses proches ainsi que le père et la grand-mère paternelle de Tony, parties civiles au procès.
L’enquête avait montré que les insultes, les gifles et coups de poing avaient débuté dès l’arrivée de Loïc V. chez la mère de Tony en septembre 2016, avec une dramatique intensification des violences la semaine précédant la mort.
Tony est décédé à l’hôpital d’un éclatement de la rate et du pancréas datant de 48 heures. L’autopsie a mis en évidence 60 ecchymoses dont 23 à la tête.