CoronavirusSon séjour linguistique à Malte vire à la quarantaine
À Malte, les cas contacts – même vaccinés et testés négatifs – sont soumis à une quarantaine de 14 jours. Une jeune Romande bloquée sur l’île témoigne de son isolement.

Le 4 juillet, Marie*, 22 ans, s’est envolée vers Malte pour un séjour linguistique de quatre semaines. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Après une semaine de cours, les autorités ont annoncé la fermeture des écoles de langues à cause de la situation sanitaire. «D’autres élèves ont réussi à prendre l’avion, mais pas moi», regrette la jeune Vaudoise. En effet, sa classe a été placée en quarantaine à cause de deux étudiantes positives au coronavirus. Vaccinée et testée négative, Marie est tout de même soumise à une quarantaine de 14 jours dans le pays. «Si j’enfreins cette règle, on m’a expliqué que je risquais 3000 euros d’amende», nous raconte-t-elle au téléphone.
Des centaines de jeunes concernés
L’anglais, Marie l’aura appris au téléphone avec les autorités maltaises. «J’ai contacté la Helpline Covid de Malte, l’ambassade de Suisse à La Valette, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et même les Nations Unies: personne ne peut m’aider, regrette-t-elle. On me dit que je suis un dommage collatéral. Je suis vraiment dégoûtée.»
Séjour cauchemardesque
Malgré ce séjour qui vire au cauchemar, l’étudiante s’estime chanceuse. «Ma quarantaine tombe dans les dates où j’avais prévu de rester sur place. Mais une camarade polonaise doit payer une semaine d’hôtel supplémentaire. En plus, elle et son mari devaient recommencer le travail dans leur pays et sont bloqués ici.»
Entre-temps, l’école de langues a mis en place des cours en ligne. «Je suis venue ici sans ordinateur, c’est impossible pour moi d’étudier dans ces conditions. J’ai donc écrit à l’école pour les avertir que j’arrêtais les cours et espère récupérer mon argent.» Comment faire face à l’ennui? «J’ai planifié que, tous les soirs, un ami m’appelle pour me tenir compagnie. La journée j’essaie de lire en anglais et je fais du sport d’intérieur.» Quant à la mer, elle l’observe depuis sa chambre.
Toute seule dans son appartement de St Paul’s Bay, Marie se sent tout le temps stressée. «Pour l’instant, j’ai encore de la nourriture en réserve. Je mange des pâtes et des aliments en conserve. On doit aussi m’amener de l’eau, car celle du robinet n’est pas potable.»
Contacté, le DFAE a connaissance d’un seul cas d’une jeune personne de nationalité suisse séjournant à Malte qui a été testée positive au Covid-19. Celle-ci a été placée en quarantaine par les autorités locales. Le département ne connaît en revanche pas le nombre de cas contacts concernés, car «les jeunes qui suivent ces cours ne s’annoncent pas auprès de l’ambassade», précise le porte-parole Pierre-Alain Eltschinger.
*Nom connu de la rédaction
Vaccin plus obligatoire, mais quarantaine imposée