Afghanistan - Une journaliste sommée d'évacuer son hôtel

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Afghanistan«Je dois quitter l’hôtel, je vous écris après»

Une journaliste italienne en duplex depuis sa chambre d’hôtel à Kaboul a dû évacuer les lieux en catastrophe, mardi. Des talibans étaient en train de tirer à l’extérieur.

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joc/afp
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Un sursaut. Puis, la panique qui s’installe en une fraction de seconde. Envoyée spéciale à Kaboul pour la chaîne italienne La7, la journaliste Cecilia Sala a connu plusieurs minutes d’angoisse en marge de l’émission «Omnibus». Installée dans sa chambre d’hôtel, l’Italienne s’apprêtait à prendre la parole quand quelqu’un a sonné à sa porte. Le sursaut que la jeune femme a eu à ce moment-là dit tout du stress permanent auquel les envoyés spéciaux sont soumis actuellement.

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«Je dois quitter l’hôtel! Ils sont venus pour me dire ça!» a fébrilement expliqué la journaliste à ses collègues en plateau. «Je vous écris après», a-t-elle ajouté, visiblement inquiète. Ces images ont été diffusées plus tard par la chaîne, qui a rapidement pu reprendre contact avec sa journaliste. La jeune femme avait finalement trouvé refuge dans le hall de son hôtel. «Ils sont venus me chercher dans ma chambre et m’ont dit de descendre. Il y avait une manifestation en faveur des militaires protégeant le Panshir. Les talibans sont arrivés avec des pick-up, ont commencé à tirer en l’air et ont touché les fenêtres de l’hôtel où je loge», a témoigné la journaliste.

Les médias afghans dans le brouillard

De son côté, la chaîne afghane privée Tolo News navigue à vue. À l’arrivée des talibans à Kaboul, les dirigeants avaient le choix entre rester à l’antenne ou éteindre le signal. La première option a finalement été retenue mais comme le reste des chaînes de radio et de télévision du pays, Tolo News stagne dans un brouillard d’incertitudes mêlées de craintes face aux intentions des nouveaux maîtres de l’Afghanistan.

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Le retour au pouvoir des talibans «nous a mis dans une situation très, très difficile», confie Lotfullah Najafizada, directeur de Tolo News. «En tant que service d’information fonctionnant 24h/24, 7 jours/7, nous n’avons même pas eu une heure pour faire une pause et réfléchir». La décision a finalement été prise de rester à l’antenne parce que Tolo a le devoir de couvrir l’actualité, explique-t-il, mais également parce qu’il aurait été «quasi impossible» de négocier avec les talibans une reprise des programmes si ces derniers avaient déjà été suspendus.

Depuis son retour au pouvoir, le mouvement islamiste, qui s’efforce de montrer une image plus modérée pour tenter de rassurer la communauté internationale et la population, a demandé aux médias afghans de ne rien changer à leurs habitudes. En gage d’ouverture, un responsable taliban acceptait de répondre, le 17 août dernier, aux questions d’une journaliste, Beheshta Arghand, en direct sur le plateau de Tolo News. Mais ces gestes et ces déclarations peinent à convaincre. Signe de la défiance et de la crainte prégnantes, Beheshta Arghand a depuis fui au Qatar, craignant pour sa vie.

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