Belgique : Une femme euthanasiée, 16 ans après avoir égorgé ses cinq enfants 

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BelgiqueUne femme euthanasiée, 16 ans après avoir égorgé ses cinq enfants

Condamnée à la prison à vie pour un quintuple infanticide, une Belge de 56 ans a décidé de recourir au suicide assisté le 28 février. 

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Une Belge de 56 ans, condamnée à la prison à perpétuité en 2008 pour avoir égorgé ses cinq enfants, a été euthanasiée mardi, seize ans jour pour jour après ces assassinats à l’issue desquels elle avait tenté de se suicider.

Loi belge de 2002

L’information, donnée jeudi par le média belge francophone Sudinfo, a été confirmée à l’AFP par Nicolas Cohen, l’avocat de Geneviève L. Celle-ci avait obtenu en 2019 une libération conditionnelle pour être internée en hôpital psychiatrique. En Belgique, depuis une loi de 2002, le geste médical de l’euthanasie est autorisé pour mettre un terme à une souffrance psychique, autant que physique, dès lors que cette pathologie est «constante, insupportable et inapaisable». Le patient, mineur ou majeur, conscient au moment de sa demande, doit aussi pouvoir l’exprimer de manière «réfléchie et répétée» et sa situation médicale doit être jugée «sans issue», en vertu de la loi. «C’est cette procédure spécifique qu’a suivie Mme L., avec les différents avis médicaux à recueillir», a déclaré Me Cohen, confirmant que l’euthanasie avait été pratiquée mardi, le 28 février.

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Un «geste-symbole»

C’est le 28 février 2007 que Geneviève L., une mère au foyer sans aucun antécédent judiciaire, avait assommé puis égorgé son fils et ses quatre filles, âgés de trois à 14 ans. Le quintuple infanticide s’était produit dans la maison familiale de Nivelles, en Belgique francophone (sud), en l’absence de son mari, le père des enfants, parti en voyage. Cette femme avait ensuite tenté de se suicider en se poignardant. Selon une psychologue interrogée jeudi par la chaîne de télévision RTL-TVI, Geneviève L. a choisi de mourir un 28 février dans un «geste-symbole vis-à-vis de ses enfants».

«Terminer ce qu’elle a commencé»

«C’est peut-être aussi pour elle le fait de terminer ce qu’elle a commencé, car à la base elle souhaitait mettre fin à ses jours lorsqu’elle les a tués», a ajouté cette psychologue, Emilie Maroit. Ce crime, transposé sur le grand écran par le cinéaste belge Joachim Lafosse (»A perdre la raison», 2012), avait provoqué l’effroi en Belgique. Et le procès d’assises fin 2008 a également eu un grand retentissement. Mme L. avait tenté de faire valoir, en vain, son déséquilibre mental pour échapper à la prison. La procédure a donné lieu à une bataille d’expertises sur sa supposée irresponsabilité pénale.

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Allant au-delà des réquisitions (l’avocat général réclamait une peine de 30 ans), les douze jurés avaient finalement estimé que l’accusée avait agi en toute conscience et de manière préméditée et qu’elle ne pouvait être considérée comme démente.

Procès au civil 

Après sa condamnation à la prison à vie, Mme L. avait intenté en 2010 un procès au civil à son ancien psychiatre, lui réclamant jusqu’à trois millions d’euros de dommages et intérêts pour son «inaction» face à un drame prévisible. Elle a fini par abandonner un combat judiciaire qui a duré une dizaine d’années, sans avoir eu gain de cause.

L’an dernier, 2966 euthanasies ont été pratiquées en Belgique, une hausse de 9,85% par rapport à 2021, d’après la commission fédérale de contrôle et d’évaluation. Les cancers restent la raison numéro un invoquée. Mais pour près de trois demandes sur quatre, le patient présentait «plusieurs types de souffrances tant physiques que psychiques», selon la même source.

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(AFP)

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