reconstruction en Turquie: «Beaucoup ne retrouveront jamais leur maison»

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reconstruction en Turquie«Beaucoup ne retrouveront jamais leur maison»

Certains villages reculés ont été presque entièrement ravagés par les séismes. Ils devraient être rasés, puis reconstruits de A à Z. Sur place, la population commence à planifier son avenir.

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Recep et Gülcan, ici devant les ruines de leur maison à Sakçagözü, près de Gaziantep.
Recep et Gülcan, ici devant les ruines de leur maison à Sakçagözü, près de Gaziantep.20min/Gabriel Nista

«Vous êtes les premiers journalistes qu’on voit ici. Venez, on va tout vous montrer!» Les images du tremblement de terre ne manquent pas et l’aide humanitaire non plus. Pourtant, il suffit de sortir un peu de la ville pour tomber sur des localités fortement touchées, mais beaucoup plus démunies face à la situation.

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Il est midi, dimanche 12 février, lorsque nous arrivons à Sakçagözü, village de quelques milliers d’habitants dans la province de Gaziantep, en Turquie. À ce moment-là, seule l’AFAD, l’équivalent de la Protection civile, est intervenue pour donner des vivres aux habitants.

Au milieu des ruines, quelques tentes se dressent en guise de logements. Gülcan et son mari Recep habitent le village depuis de nombreuses années. Après le séisme, ils ont été installés dans l’une de ces tentes, placée dans leur jardin. Malgré le drame, l’atmosphère semble détendue et plutôt joviale. «Ça nous donne de la force de vous voir et de se sentir écoutés, ça nous redonne le sourire», nous racontent-ils devant les ruines de leur maison.

À côté d’eux vit une famille de réfugiés syriens. «Ils sont très pauvres. Ils sont arrivés il y a cinq ans pour fuir la guerre dans leur pays, et maintenant ils ont aussi perdu leur maison ici», explique Aysel, une jeune enseignante de Sakçagözü.

Une reconstruction intégrale

Ces derniers jours, l’armée est intervenue dans le village. «Ils ont amené des containers un peu plus loin, pour loger les gens dans des camps de fortune, explique Aysel. Mais certains refusent de quitter leur domicile, alors ils restent dans les tentes.»

Plusieurs mairies de la région ont pris la décision de raser entièrement leurs villes, rapporte France24. Sakçagözü devrait être complètement reconstruit. La démolition a débuté, mais le chantier devrait durer plusieurs années.

La population doit maintenant organiser son avenir. Aysel est retournée auprès de sa famille, à Adana, à 170 km de là. «Les gens doivent maintenant choisir entre quitter leur village natal et s’installer ailleurs ou rester pour vivre dans un container en attendant que tout soit reconstruit. Beaucoup ne reverront jamais leur maison, explique-t-elle. On nous a aussi dit que l’État nous donnera 5000 livres turques (ndlr: environ Fr. 250.-) par mois, mais ça ne sera clairement pas suffisant.»

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Gabriel Nista (gni) est journaliste Régions à 20 Minutes, titre qu'il a rejoint en 2021.

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