Affaire Daval«Il ne pouvait pas se confier à moi. Si Alexia l’avait su, ça se serait mal passé»
Plutôt discrète depuis le début de l’affaire, la mère de Jonathann Daval s’est confiée sur sa relation avec son fils, condamné en 2020 pour le meurtre de son épouse.
Dans l’ombre d’une affaire surmédiatisée, elle avait toujours pris soin de rester loin des projecteurs. Deux ans après la condamnation de Jonathann Daval à 25 ans de réclusion criminelle, sa mère, Martine Henry, a sorti un livre intitulé «Moi, maman de Jonathann». Elle l’a coécrit avec une journaliste et considère cet ouvrage comme une «thérapie». Depuis, la sexagénaire a accordé de nombreuses interviews, dont une très remarquée sur RTL en novembre dernier. Martine Henry s’est longuement confiée, jeudi, à BFM TV, mais elle assure vouloir ensuite retrouver le silence.
La mère du meurtrier d’Alexia reconnaît avoir mis du temps avant d’admettre ce qui s’était passé au procès. «On ne peut imaginer que son enfant puisse faire une chose pareille», explique-t-elle. Pour autant, Martine Henry est toujours restée proche de Jonathann, tout en assurant qu’elle «ne cautionne pas ce qu’il a fait»: «Je suis sa maman, c’est mon enfant, on ne peut pas mettre des enfants au monde et leur tourner le dos», confie-t-elle. «Je sais que je suis la maman d’un meurtrier, mais mon fils restera mon fils», ajoute la Française.
J’ai tout découvert au procès
Cette femme au caractère bien trempé assure n’avoir jamais ressenti de honte. «Je n’ai rien à me reprocher», estime-t-elle. Martine Henry en veut pour preuve la réaction de son entourage, qui ne lui a jamais tenu rigueur de cette affaire. Reste que la mère de Jonathann Daval ne peut s’empêcher d’éprouver un lourd sentiment de culpabilité. «Si je l’avais écouté, si j’avais essayé de comprendre ce qu’il me disait, oui, j’aurais pu changer les choses», regrette-t-elle, évoquant le jour où son fils lui a avoué à demi-mot sa culpabilité. «Je regrette de ne pas avoir cherché plus loin. Ça aurait évité tous les mensonges», pense Martine Henry.
Au moment d’évoquer le couple formé par Jonathann et Alexia, la Française dit n’avoir rien su de ce qui se passait dans l’intimité. «J’ai tout découvert au procès, les problèmes de couple, de bébé, la fausse couche. Il ne pouvait pas se confier à moi, à cause d’Alexia. Si elle l’avait su, ça se serait mal passé», lâche Martine Henry. Selon elle, Jonathann Daval travaille en prison, fait de la musculation et sociabilise avec ses codétenus. Son moral irait mieux. «C’est compliqué encore pour lui. Il n’arrive toujours pas à se l’expliquer. Il commence à se poser des questions, comment il a fait ça, pourquoi il a fait ça», conclut-elle.