Braquage du fourgon suisseDe 9 à 20 ans de prison requis contre les six hommes
Les interrogatoires se sont par ailleurs concentrés jeudi sur le rôle de l’un d’entre eux, qui nie avoir participé à l'attaque du convoi de fonds à Nyon en 2017.

De 9 à 20 ans de prison ont été requis jeudi contre six hommes jugés à Lyon pour le braquage d’un convoi de fonds au butin record, commis à Nyon (VD) en 2017. L’avocat général, Eric Mazaud, a estimé que les accusés, dont trois sont en fuite, s’inscrivaient «dans le haut spectre de la criminalité», avec une attaque sur un fourgon semi-blindé menée avec «un haut niveau de préparation» et une «quasi professionnalisation».
Contre les trois absents, le Ministère public a requis 20 ans de réclusion criminelle ainsi que le prolongement des effets des mandats d’arrêt lancés contre eux l’an dernier. Dans ce «trio lyonnais», chacun a déjà été condamné pour des braquages à main armée en France et en Suisse. Les trois ont disparu alors qu’ils étaient sous contrôle judiciaire. Deux autres récidivistes, présents dans le box des accusés, ont vu requérir contre eux des peines de 16 ans et 12 ans de prison. Les deux portent déjà un lourd passé judiciaire, avec des condamnations l’un pour trafic de stupéfiant, l’autre pour des vols de voitures.
Pour le dernier des accusés, au maigre casier judiciaire en comparaison de ses présumés complices, l’avocat général a requis neuf ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt.
Le 6e homme nie avoir participé
Les interrogatoires des accusés se sont concentrés jeudi sur le rôle de l’un d’entre eux, qui nie avoir participé à l’attaque.
Six hommes, dont trois sont en fuite, sont jugés par la cour d’assises du Rhône pour l’attaque d’un transport de fonds le 24 mai 2017, qui avait rapporté plus de 40 millions de francs suisses le 24 mai 2017.
Parmi les trois présents à Lyon depuis le début de la semaine, deux admettent avoir pris part au crime. Mais, se présentant comme des nouveaux venus «dans le monde du braquage», ils ont systématiquement nié savoir quoi que ce soit à propos du rôle des autres accusés. Surtout, ils ont assuré tous deux que le troisième homme à leur côté sur le banc des accusés, n’avait pas participé physiquement aux faits.
L'aîné de la bande
Aîné de la bande au lourd passé judiciaire, avec plusieurs condamnations dans des affaires liées au trafic de stupéfiants, il a, selon les enquêteurs, joué un rôle clé dans «l’agrégation de deux équipes, une lyonnaise et une annécienne». Mais son rôle le jour J est contesté et l’absence de la bande des «Lyonnais» (les seuls à avoir été condamnés au préalable pour des braquages) pèse depuis lundi sur la clarté des débats.
Les six hommes avaient tous été arrêtés quatre heures après l’attaque dans une villa de Haute-Savoie en possession de billets de différentes devises, de quatre lingots d’or, et de plusieurs milliers de pierres précieuses.
Au volant d'une fourgonnette avec du butin
Celui qui nie avoir pris part à l’attaque se trouvait au volant d’une fourgonnette remplie de près de la moitié du butin, partant de la villa.
Parmi les six, «certains ont plus un profil de leader que d’autres» avait souligné l’avocat général Eric Mazaud en début de semaine. Un des enquêteurs a désigné comme meneurs deux des hommes en fuite, ainsi que l’accusé qui nie sa présence lors de l’attaque, «vu son implication, son passé et ses contacts». «Il a mis en parallèle tout le monde, il a joué un rôle déterminant dans cette attaque», a déclaré ce témoin.
Son avocat, Me Laurent Bizien, a rétorqué que «contrairement» aux fugitifs, son client n’avait «ni un profil, ni un casier judiciaire de braqueur».
Quant aux deux autres accusés présents à Lyon, ils se sont surtout appliqués à minimiser leur rôle. «Sur place, je n’ai rien fait du tout», a prétendu le moins expérimenté d’entre eux, âgé de 45 ans, qui assure avoir «pris peur» quand on lui a mis une arme dans les mains. Son casier judiciaire ne comporte qu’une condamnation pour le port d’un cutter quand il avait 18 ans.
«Le braquage, ce n’est pas mon truc»
L’autre a expliqué s’être cantonné à «la partie automobile»: son rôle était notamment de fournir des véhicules volés. La nuit du braquage, il n’a pas tenu d’armes et s’est contenté de «conduire» pour «rabattre le fourgon sur la bande d’arrêt d’urgence», a-t-il assuré. «Le braquage, ce n’est pas mon truc», a encore dit cet homme de 42 ans.
«J’imagine que quand on organise une telle attaque, on ne recrute pas n’importe qui», a toutefois fait observer le président de la Cour, Eric Chelbos. «Quand on intègre dans l’équipe quelqu’un qui n’a pas fait ses preuves, qu’on lui fournit une arme longue et un gilet pare-balles pour une attaque de fourgon, c’est très dangereux», a ajouté le magistrat.
L’audience doit reprendre vendredi avec les plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu dans la journée ou dans la soirée.