Mort de Sihem en FranceUne «relation amoureuse» avec le suspect? Sa famille n’y croit pas
L’homme qui a avoué avoir tué la lycéenne de 18 ans affirme qu’il avait une liaison avec elle. Les proches de la victime, eux, assurent qu’elle le voyait comme un oncle.
La terrible nouvelle est tombée dans la nuit de mercredi à jeudi: Sihem n’est plus de ce monde. Disparue mercredi dernier à Nîmes (sud), la jeune femme de 18 ans a été retrouvée morte dans une forêt de la région. Selon «Le Parisien», le principal suspect est passé aux aveux lors d’une nouvelle audition mercredi soir. L’homme de 39 ans, déjà condamné à plusieurs reprises, a conduit les enquêteurs vers le corps. Mahfoud H. a été mis en examen et placé en détention provisoire. La femme qui était en garde à vue en même temps que lui a, quant à elle, été relâchée.
De source proche de l’enquête, l’individu est l’ex-compagnon d’une cousine de Sihem. Le quadragénaire a assuré «avoir tué la jeune fille dans le cadre d’une dispute liée à leur relation amoureuse alors même qu’ils s’étaient retrouvés, la nuit des faits, en toute intimité», a expliqué jeudi la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac. D’après «Le Parisien», il aurait tenté de faire taire la jeune femme en lui mettant une main sur la bouche, et la victime serait morte étouffée. Une autopsie corroborera, ou non, la version des faits du suspect.
Une relation amoureuse, vraiment?
«J’ai assisté un homme qui a décidé d’affronter sa lourde responsabilité dans la disparition de Sihem et faire cesser un suspense insoutenable pour ses proches en guidant les enquêteurs. Il sait que sa faute n’est pas pardonnable mais son silence n’aurait fait que l’aggraver», a réagi Me Jean-Marc Darrigade, avocat de Mahfoud H. L’homme traîne derrière lui un lourd passé judiciaire. Il avait été condamné cinq fois pour atteinte aux biens et huit fois pour des faits en lien avec la conduite d’un véhicule, selon la procureure. Il avait notamment purgé une condamnation à 12 ans de réclusion prononcée pour vol avec arme et était sous contrôle judiciaire pour une affaire similaire.
Demandant le respect d’un «temps de recueillement» et évoquant une jeune fille «aimée et appréciée de tous», la famille de Sihem a assuré «place(r) son entière confiance dans l’institution judiciaire pour connaître et comprendre les circonstances de son décès», selon un communiqué de ses avocats, Me Sara Benlefki et Mourad Battikh. Le soir de sa disparition, Sihem avait confié à des copines qu’elle devait retrouver le quadragénaire, dont elle avait l’habitude de garder les enfants.
Selon Me Battikh, «cette relation amoureuse, personne n’en avait connaissance», a-t-il affirmé, ajoutant que l’hypothèse selon laquelle ils entretenaient une relation «n’est que la version» du suspect et qu’il est «tout à fait probable qu’elle n’ait jamais existé». «Cette version n’est corroborée par personne», a-t-il insisté.
«Sihem voyait ce monsieur comme une nièce voyait son oncle», a précisé Me Battikh. Sihem était «belle comme le jour», «très proche de sa famille et de tous ceux à qui elle pouvait rendre service», a encore dit l’avocat. «Elle était toujours dans le partage, aimée de tous, heureuse de vivre et avec la vie devant elle», a-t-il poursuivi, expliquant que «tout un village est endeuillé» et que sa famille «fait preuve d’une grande dignité» face à ce drame malgré sa «colère profonde».
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