AfghanistanLa difficile évacuation vers la Suisse des personnes fuyant Kaboul
La Confédération a fait le point vendredi à propos de la situation en Afghanistan. Sur les près de 300 personnes qui doivent être accueillies, seule une vingtaine a pu partir.

La situation à Kaboul reste confuse et l’évacuation de ressortissants suisses et d’employés afghans travaillant pour la Suisse, ainsi que des membres de leur famille, se fait au compte-gouttes. Devant la presse, à Berne, vendredi après-midi, l’ambassadeur Hans-Peter Lenz, chef de la cellule de crise Afghanistan, a donné quelques informations sur l’état des opérations en cours.
Le responsable a tout de suite expliqué qu’il n’était pas aisé de donner des chiffres précis car ils évoluent en permanence. «Depuis le début de l’opération d’évacuation, il y a toujours plus de Suisses qui s’annoncent depuis Kaboul pour pouvoir quitter le pays.» Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dénombre à l’heure actuelle 35 ressortissants suisses sur place, dont onze ont pu quitter l’Afghanistan et un est arrivé en Suisse.
Sur les 40 personnes ayant un permis de séjour permanent en Suisse, huit ont pu partir. Parmi les employés afghans travaillant pour la Suisse et leurs familles (environ 230 personnes), «aucun n’a pu quitter l’Afghanistan», a précisé Hans-Peter Lenz. Un d’entre eux se trouve en attente à l’aéroport de Kaboul.
«Pas terminé demain»
L’ambassadeur ne se risque pas à fixer des délais précis quant à la fin des opérations, tant la situation sur place est compliquée. «On espère qu’on va réussir ces prochains jours, mais c’est sûr que ça ne sera pas terminé demain ou après-demain», a-t-il déclaré.
Les responsables de la Confédération ont indiqué que le contrôle total de l’aéroport par les Américains rendait la mission difficile. «Il n’est pas facile de se faire entendre», explique Hans-Peter Lenz. «De très nombreux pays ont les mêmes intentions que nous. Il n’est pas envisageable que nous obtenions une priorité pour le départ des Suisses.»
Parallèlement, le Parti socialiste a revendiqué, vendredi, en remettant à la Chancellerie fédérale un appel muni de plus de 43’000 signatures, l’accueil de 10’000 personnes vulnérables supplémentaires. Pour le chef de la cellule de crise Afghanistan, cette revendication n’est pas envisageable. «Ce n’est pas possible si on est réaliste par rapport à la situation. Les Allemands ont réussi à évacuer 1000 Afghans par avion», avance-t-il à titre de comparaison.
Par ailleurs, la Confédération a envoyé vendredi un avion de la compagnie Swiss qui doit se poser à Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan, pour rapatrier les personnes évacuées de Kaboul. L’avion ramènera aussi en Europe des ressortissants suisses ainsi que d’autres personnes de différentes nationalités, a annoncé le DFAE.
Ce dernier ajoute que jeudi, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue ouzbek Abdulaziz Kamilov, le conseiller fédéral Ignazio Cassis est parvenu à régler divers problèmes logistiques du vol charter et l’a remercié pour le soutien de l’Ouzbékistan aux efforts d’évacuation au départ de l’Afghanistan. Ce vol charter permettra aussi d’acheminer à Tachkent environ 1,3 million de masques de protection contre le Covid-19, que la Suisse offre à l’Ouzbékistan.
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