Etats-Unis: le calvaire d'un survivant des armes à feu, devenu tétraplégique

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États-Unis«J’ai honte de m’être fait tirer dessus»

Victime collatérale d’un échange de tir il y a 13 ans, Ralph Norman est désormais tétraplégique. Pendant des années, il n’a pas osé parler des raisons de son handicap, de peur d’être stigmatisé.

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Ralph Norman, 30 ans, est tétraplégique. Il dépend d’une personne soignante jour et nuit pour manger, se laver, se coucher et même vider sa salive de son tube respiratoire.
Ralph Norman, 30 ans, est tétraplégique. Il dépend d’une personne soignante jour et nuit pour manger, se laver, se coucher et même vider sa salive de son tube respiratoire. AFP

La dépression, la honte et la peur d’être stigmatisé ont détruit près de la moitié de la vie de Ralph Norman, un Afro-Américain de 30 ans devenu tétraplégique à l’âge de 17 ans, victime collatérale d’une fusillade près de New York.

Le calvaire de ce survivant de la violence par armes à feu, qui tue et blesse des dizaines de milliers de personnes tous les ans aux États-Unis, dure depuis 13 ans.

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Ce jour de juin 2010, l’adolescent se prépare à faire la fête avec des amis à Yonkers, une ville de la grande banlieue nord de New York, lorsqu’il est atteint au cou par une balle tirée dans un échange de coups de feu entre deux individus à une station-service.

Ralph Norman ressort vivant de l’hôpital mais presque entièrement paralysé, tétraplégique, ne pouvant bouger que la tête et les épaules. Depuis, il dépend d’une personne soignante jour et nuit pour manger, se laver, se coucher et même vider sa salive de son tube respiratoire.

Mais pendant des années, il a menti sur les raisons qui l’ont cloué pour toujours dans un fauteuil roulant.

«La violence par armes à feu, c’est stigmatisant.»

Ralph Norman

«Jusqu’à ces deux dernières années, je ne disais jamais, à personne, qu’on m’avait tiré dessus», avoue le trentenaire en recevant l’AFP chez lui à Yonkers. «Je parlais toujours d’un +accident de voiture+ parce que j’avais honte et peur d’être jugé comme membre d’un gang, ce qui n’était pas le cas. La violence par armes à feu, c’est stigmatisant.»

Après des années de dépression, l’homme demande de l’aide.  Aujourd’hui, grâce à la communication virtuelle sur ordinateur, il participe chaque jour à un groupe de parole de victimes des armes à feu aux États-Unis: partages d’expériences et discussions sur la terrible actualité quotidienne américaine, comme lorsque trois enfants et trois adultes ont été assassinés lundi dans une école de Nashville.

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Environ 400 millions d’armes à feu sont en circulation aux États-Unis, où elles ont provoqué en 2020 plus de 45’000 décès, que ce soit par suicide, accident, ou homicide, selon les derniers chiffres des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). Pour la première fois cette année-là, les armes sont devenues la première cause de mortalité chez les moins de 19 ans, avec 4’368 décès, devant les accidents de voiture et les overdoses. 

Majorité de victimes noires et hispaniques

Et les victimes de cette violence par armes à feu sont majoritairement des jeunes hommes noirs ou hispaniques issus des milieux les plus défavorisés.

En outre, souligne Elinore Kaufman, chirurgienne et traumatologue à l’hôpital Penn Presbyterian Medical Center à Philadelphie, le nombre de blessés représente près du double de celui des décès, soit 80’000 personnes par an.

Même avec une blessure légère, cela «altère votre vie complètement et pour toujours», déplore-t-elle. «Et la moitié de nos patients développent des troubles du stress post-traumatique (TSPT) ou une dépression, aussi graves que ceux de nos anciens combattants des forces armées américaines.»

Pour la première puissance mondiale, l’impact économique de cette violence par armes à feu peut se chiffrer en dizaines de milliards de dollars en frais de santé et perte de productivité. 

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(AFP)

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