Le cadavre d’un truand lyonnais introuvable dans le lac Léman

Publicité
Publié

Genève/Lyon (F)Le corps d’un bandit lyonnais introuvable dans le lac Léman

Suspecté du meurtre, un ancien footballeur semi-professionnel, qui a évolué à Lancy (GE) et à Aigle (VD), assure avoir jeté le cadavre dans l’eau. Il sera jugé en mai prochain à Lyon.

par
Richard Schittly
Source préférée
La brigade nautique de Genève a déployé d’importants moyens pour effectuer les recherches. Seule une pelle utilisée par le suspect a été retrouvée. (image prétexte)
La brigade nautique de Genève a déployé d’importants moyens pour effectuer les recherches. Seule une pelle utilisée par le suspect a été retrouvée. (image prétexte)Police cantonale genevoise

Après de vaines recherches dans le lac Léman, et une reconstitution judiciaire annulée en 2020 à cause du Covid, la justice lyonnaise a décidé de boucler l’enquête sur l’assassinat présumé d’une figure du grand banditisme lyonnais, dont le corps aurait été jeté dans le lac Léman, selon le principal suspect. C’est donc un crime sans cadavre qui va être jugé du 9 au 12 mai prochain à la Cour d’assises de Lyon.

Publicité

Ex-joueur de football semi-professionnel, qui a évolué à Lancy (GE) et à Aigle (VD), C. a avoué avoir tué le truand de 44 ans, le 16 juin 2018. Il affirme avoir agi au cours d’une bagarre, dans la cave de ses parents, près de Lyon. Selon ses déclarations, confirmées par plusieurs témoins, l’ancien sportif était «sous l’emprise» de la victime décrite comme impulsive et impliquée dans d’importants trafics de stupéfiants. Une dette de plusieurs centaines d’euros qu’il devait à un tiers aurait accentué la nervosité ambiante.

L’accusé, considéré comme un homme à tout faire, était incité à récupérer de la drogue en Espagne. Il aurait redouté la pression du brigand français qui ne parvenait pas à rembourser sa dette.

Un acte prémédité

Pour le juge d’instruction, l’achat d’une batte de baseball avant le soir fatidique prouverait la préméditation plutôt qu’un acte involontaire dans une forme de panique.

En tout cas, C. a avoué avoir transporté le corps à Lancy, où il résidait. Après une vaine tentative de l’enterrer, il l’aurait mis dans un sac de couchage et laissé deux-trois jours dans le coffre de sa voiture, avant de se rendre au canal de Noville, près de Villeneuve (VD). Là, il aurait glissé le cadavre sur un kayak, puis ramé pendant environ deux heures, pour enfin jeter le corps, lesté de poids de 50 kilos, dans le lac Léman.

Publicité

Les enquêteurs ont retrouvé la trace d’un achat de kayak gonflable et d’une pagaie dans un magasin genevois, le lendemain du meurtre.

Recherches vaines dans le Léman

À partir des indications du prévenu, la brigade nautique de Genève a effectué de multiples recherches dans un rayon de quatre km2, pour tenter de retrouver le corps de la victime au fond du lac Léman. Plongées, torpille, sonar, et même un robot sous-marin téléguidé ont été déployés entre Saint-Gingolph (VS) et Montreux, sans succès. C. assure avoir jeté une pelle après sa tentative avortée d’enterrer le corps. Celle-ci a effectivement été retrouvée par les plongeurs, à la pointe de la digue du Grand Canal, près du camping des Grangettes (VD). Il s’agit du seul élément probant trouvé dans le lac.

Ex-joueur du Lancy FC

Le meurtrier présumé a connu la région de Genève grâce à une courte carrière de footballeur semi-pro, ce qui expliquerait sa connaissance du Léman. Il a joué à Aigle, puis Lancy, après des débuts en 2e division française. Plus récemment boxeur, il dit avoir rencontré son complice et future victime en boîte, délaissant alors le sport pour des activités illicites liées au milieu lyonnais.
Publicité

Ton opinion

Section commentaires désactivée

Compte tenu du caractère sensible du sujet et pour éviter tout contenu blessant, nous avons décidé de désactiver la section commentaires. Merci de votre compréhension.Règles de la communauté

Publicité