Genève/Lyon (F)Le corps d’un bandit lyonnais introuvable dans le lac Léman
Suspecté du meurtre, un ancien footballeur semi-professionnel, qui a évolué à Lancy (GE) et à Aigle (VD), assure avoir jeté le cadavre dans l’eau. Il sera jugé en mai prochain à Lyon.
Après de vaines recherches dans le lac Léman, et une reconstitution judiciaire annulée en 2020 à cause du Covid, la justice lyonnaise a décidé de boucler l’enquête sur l’assassinat présumé d’une figure du grand banditisme lyonnais, dont le corps aurait été jeté dans le lac Léman, selon le principal suspect. C’est donc un crime sans cadavre qui va être jugé du 9 au 12 mai prochain à la Cour d’assises de Lyon.
Ex-joueur de football semi-professionnel, qui a évolué à Lancy (GE) et à Aigle (VD), C. a avoué avoir tué le truand de 44 ans, le 16 juin 2018. Il affirme avoir agi au cours d’une bagarre, dans la cave de ses parents, près de Lyon. Selon ses déclarations, confirmées par plusieurs témoins, l’ancien sportif était «sous l’emprise» de la victime décrite comme impulsive et impliquée dans d’importants trafics de stupéfiants. Une dette de plusieurs centaines d’euros qu’il devait à un tiers aurait accentué la nervosité ambiante.
L’accusé, considéré comme un homme à tout faire, était incité à récupérer de la drogue en Espagne. Il aurait redouté la pression du brigand français qui ne parvenait pas à rembourser sa dette.
Un acte prémédité
Pour le juge d’instruction, l’achat d’une batte de baseball avant le soir fatidique prouverait la préméditation plutôt qu’un acte involontaire dans une forme de panique.
En tout cas, C. a avoué avoir transporté le corps à Lancy, où il résidait. Après une vaine tentative de l’enterrer, il l’aurait mis dans un sac de couchage et laissé deux-trois jours dans le coffre de sa voiture, avant de se rendre au canal de Noville, près de Villeneuve (VD). Là, il aurait glissé le cadavre sur un kayak, puis ramé pendant environ deux heures, pour enfin jeter le corps, lesté de poids de 50 kilos, dans le lac Léman.
Les enquêteurs ont retrouvé la trace d’un achat de kayak gonflable et d’une pagaie dans un magasin genevois, le lendemain du meurtre.