Suisse romandeLa malaria tue, y compris chez nous
Un décès dû au paludisme est survenu fin janvier dans le canton de Vaud. Un cas rare en Europe, mais pas impossible. Il existe des moyens de se prémunir. Explications.

Rare mais malheureusement pas impossible. La malaria peut tuer jusque dans nos contrées. Cela a notamment été le cas dans le canton de Vaud fin janvier. Interrogée sur les cas de paludisme en Suisse, Géraldine Duc, conseillère scientifique au service du médecin cantonal, précise qu'«il s'agit de cas importés, c'est-à-dire de personnes infectées à l'étranger. Environ 60 cas de paludisme par an sont examinés à Genève.»
Les chiffres sont similaires dans le canton de Vaud à l'exception de 2022 (83 cas) et de 2023 (81 cas), comme on peut le lire sur le site de l'OFSP. Géraldine Duc indique que «la mortalité de ces cas est très faible en Suisse - en moyenne, un décès tous les 3 ans à Genève».
Le moustique n'étant pas adapté pour vivre à l'heure actuelle dans une région climatique comme la Suisse, il ne peut transmettre la maladie et il ne peut donc pas y avoir de transmission de la malaria sur sol helvétique. Les cas n'engendrent donc pas d'autres cas en Suisse. Tania Séverin, du Swiss Malaria Group, confirme: «Le paludisme a besoin d'un moustique infecté comme vecteur. C'est pourquoi en Suisse la propagation du paludisme est extrêmement improbable.»
«Pas de transmission sur sol helvétique»
Pour rappel, la malaria – ou paludisme – est une maladie infectieuse qui circule fortement dans les régions tropicales et subtropicales (Afrique, Asie, Amérique centrale et du Sud…). «La maladie est transmise par un type particulier de moustique, le moustique Anopheles, qui vit dans ces régions tropicales», détaille la conseillère scientifique.
Mesures préventives
Tania Séverin rappelle qu'«il est conseillé aux voyageurs de prendre des mesures préventives comme la prise de médicaments antipaludiques prophylactiques, l'utilisation d'anti-moustiques ou encore dormir sous des moustiquaires lorsqu'ils se rendent dans ces régions». En cas de contamination, «le système de santé suisse est toutefois bien équipé pour diagnostiquer et traiter efficacement ces cas (s'ils sont détectés à temps). C'est pourquoi, de manière générale, les décès dus au paludisme sont rares en Suisse tout comme en Europe.»
En revanche, plus de 600'000 personnes en meurent chaque année, dont 95% en Afrique, selon l'Organisation mondiale de la santé. D'où une lutte acharnée contre cette maladie .
Marie Prieur (map) est journaliste chez 20 minutes à Genève depuis 2023. Elle est passionnée par les sujets locaux politiques, judiciaires ou de société.
