LausanneLes taxis indépendants en ont marre d’être entre deux sièges
Ce lundi, une trentaine de chauffeurs de taxi sans l'autorisation ad hoc ont occupé la station de la gare de Lausanne. Ils réclament une régularisation.

Seuls les taxis gris, connus comme taxis A, ont le droit d'emprunter les voies des bus et d’attendre les clients sur les stations officielles de Lausanne et des environs. Mais ce lundi, une trentaine d’indépendants, les taxis B, se sont installés sur celle de la gare de Lausanne. «Ce n’est pas une manifestation. On veut juste travailler. Le Tribunal fédéral a reconnu que le règlement des taxis lausannois était illégal. Il ne devrait plus y avoir de taxis A et B, mais uniquement des taxis et des VTC. Et nous, nous sommes des taxis», explique Abou Bakary Adjadi, porte-parole du Groupement des taxis indépendants lausannois.
Reste que l'autorisation qui donne accès aux avantages précités est onéreuse. «Le problème n’est pas là. Nous voulons payer, comme les autres. La Commune dit nous comprendre et prendre notre problème au sérieux. Mais le temps passe et rien ne bouge», poursuit le porte-parole, qui indique déjà que le mouvement initié ce lundi ne s'arrêtera que lorsque la situation des taxis B sera régularisée.
Une intégration vécue comme une humiliation
L’un des détonateurs de cette rébellion, c’est l’intégration des taxis de Lutry à l’Association de communes de la région lausannoise pour la réglementation du service des taxis, depuis le 1er janvier. «D’un coup de baguette magique, tous les taxis de Lutry ont obtenu l'autorisation A et peuvent travailler normalement sur Lausanne, alors que nous attendons depuis des années. C’est une humiliation», s’exaspère Abou Bakary Adjadi. Contactés, ni le municipal lausannois Pierre-Antoine Hildbrand, en charge du dossier, ni le Service intercommunal des taxis n’ont répondu à nos sollicitations.
Pour ce qui est de la police de Lausanne, le porte-parole Michel Gandillon souligne que: «De notre point de vue, il s’agissait d’une manifestation non autorisée. Onze chauffeurs avec autorisation B ont été identifiés et ils seront dénoncés en vertu du règlement intercommunal de service des taxis. Ils encourent une contravention.»
Xavier Fernandez (XFZ) est journaliste pour la rubrique Suisse/Régions de 20 minutes depuis 2018. Il aime le journalisme local, le terrain et la proximité avec les lecteurs.
