Solar Butterfly: Un «papillon» fait le tour du monde, porté par une mission

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Solar ButterflyUn «papillon» fait le tour du monde, porté par une mission

Le véhicule Solar Butterfly, qui fonctionne uniquement à l’énergie solaire, visite 1000 projets durables situés dans le monde entier. «Je ne suis pas en mesure de changer le monde, mais je peux ouvrir les yeux des gens et les inspirer», déclare Louis Palmer, l’initiateur helvétique du projet.

par
Sebastian Sele

En mai 2022, le Solar Butterfly entamait un voyage de plusieurs années à travers le monde. Ce véhicule fonctionnant exclusivement à l’énergie solaire a prévu d’effectuer 1000 escales afin de faire découvrir autant de projets durables situés dans 90 pays différents (en Europe, en Amérique du Nord, en Asie, en Australie, en Afrique et en Amérique du Sud), avant d’arriver à Belém, dans le nord du Brésil. Le projet prendra fin en 2025, lors de la conférence mondiale des Nations unies sur le climat qui se tiendra en Amazonie et marquera le dixième anniversaire de l’accord de Paris sur le climat – cet accord, signé en 2015, est le premier à l’échelle mondiale, 195 pays s’étant engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

«Je ne suis pas en mesure de changer le monde, mais je peux ouvrir les yeux des gens et les inspirer», déclare Louis Palmer, l’initiateur helvétique du projet. Cet aventurier de 51 ans, qui est considéré comme un pionnier de l’énergie solaire, s’intéresse depuis des décennies à la crise climatique et aux solutions possibles. En 2007, il a été le premier homme à faire le tour de la Terre en voiture solaire puis, en 2010, il a organisé la première course mondiale de voitures solaires autour du globe. «Ce qui m’importe, c’est de donner de l’espoir et de présenter des solutions concrètes et réalisables», explique Louis Palmer.

L’espoir contre le fatalisme

Il est en effet important de redonner espoir, car celui-ci s’amenuise auprès d’une grande partie de la population. Dans le cadre d’une étude internationale, trois jeunes adultes sur quatre ont déclaré en 2021 craindre l’avenir. Les organisations environnementales, comme Greenpeace Suisse, évoquent, pour de nombreuses personnes, «une sorte de fatalisme» face à la crise climatique.

Louis Palmer garde toutefois la tête froide. «Les principales causes du réchauffement climatique sont le CO₂ et le méthane», rappelle-t-il. L’agriculture et le défrichement des forêts sont effectivement responsables d’environ un quart de ces émissions, un autre quart est à mettre sur le compte de l’industrie, un troisième sur celui des centrales à charbon et à gaz dans le cadre de la production d’électricité, alors que le dernier quart implique la mobilité et le chauffage. Le Solar Butterfly présente des projets liés à tous ces domaines: batteries de sable, robots pulvérisateurs, algues pour nourrir le bétail…

Donner et prendre

Kai Hicks a quitté son emploi dans une imprimerie pour participer au Solar Butterfly. «L’année dernière, j’ai passé trois mois en Europe, maintenant je fais un voyage de quatre mois entre Halifax et Los Angeles», explique-t-il. Ce qui le motive? «Avant tout le voyage, répond-il. Mais aussi l’idée que l’énergie solaire permet de se déplacer et que l’on ne se contente pas de prendre de l’énergie, on en produit aussi.»

Dans le Solar Butterfly, la routine n’existe pas. «Lorsque nous sommes impliqués dans un projet, nous devons nous assurer d’être sur place à temps, explique Kai Hicks. Cela peut être stressant, mais jusqu’à présent, nous y sommes presque toujours parvenus.» Il faut aussi réparer le véhicule, recharger la batterie et, parfois, s’occuper d’un pneu crevé. «Comme il s’agit d’un prototype, il y a toujours de quoi faire, souligne Kai Hicks. En Europe, nous n’avions pas encore l’eau courante à bord, mais maintenant, nous en avons dans la cuisine et dans la douche.»

L’énergie des vagues

Parmi les projets visités, Kai Hicks a été particulièrement impressionné par l’un d’entre eux, découvert au Pays basque espagnol: la première centrale électrique commerciale au monde alimentée par les vagues. Une digue qui protège depuis des décennies un village de pêcheurs de la puissance de la mer a été agrandie grâce à l’installation de turbines, afin de devenir une petite centrale électrique. Cette centrale produit de l’électricité pour plusieurs dizaines de foyers. «C’est un projet pionnier passionnant», affirme Kai Hicks, alors qu’il est en route pour le suivant. Fin septembre, le Solar Butterfly est arrivé dans la Dry Lake Solar Energy Zone, dans le Nevada, aux États-Unis. Dans ce désert, où la température peut atteindre 48 degrés, une surface de 63 km², soit presque l’équivalent de 9’000 terrains de football, est recouverte de panneaux solaires.

Recherche de passagers

Contrairement à Kai Hicks, l’aventurier Louis Palmer n’est pas lui-même à bord du Solar Butterfly. «Je coordonne le tour depuis Lucerne et je donne des conférences», explique celui qui laisse les générations suivantes partir à l’aventure. Avec le Switzerland Explorer, le premier bus touristique de la planète fonctionnant à l’énergie solaire, il emmène aussi, de temps en temps, des visiteurs du monde entier à travers la Suisse. Les personnes intéressées peuvent déposer leur candidature sur le site Internet dédié à cette expérience durable.

Pensez-vous que nous puissions encore atteindre les objectifs climatiques?

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