Canton de BerneIl tue son épouse de 165 coups de couteau: 20 ans de prison
Un Afghan a été condamné mercredi, à Bienne, pour avoir sauvagement poignardé sa femme en avril 2022, dans un centre d’hébergement collectif.

Vingt ans de prison. C’est la condamnation prononcée ce mercredi à Bienne, contre un Afghan reconnu coupable d’assassinat. En avril 2022, il avait tué sa femme dans un centre d’hébergement collectif à Büren an der Aare (BE). Les faits exposés lundi, devant le tribunal, sont d’une violence insoutenable. La victime, également afghane, âgée de 38 ans, a reçu 165 coups de couteau selon le rapport d’autopsie. Lors de l’énoncé du verdict, la juge a tenu à préciser que l’instruction a dû se focaliser sur les circonstances de ce crime malgré «l’horreur de la scène» représentée sur les photos versées au dossier.
Le drame s’est produit vers 2h du matin sous les yeux des cinq enfants du couple. Selon diverses preuves et récits de témoins, le meurtrier s’est tellement acharné qu’il s’est lui-même blessé aux mains. C’est seulement quand ses blessures ne lui permettaient plus de tenir la lame que le quadragénaire a cessé de frapper. Des voisins de chambre qui ont tenté, en vain, de stopper cette folie meurtrière parlent d’un homme «possédé» qui se comportait «comme un animal».
Une «bouffée délirante»
Le Ministère public est arrivé à la conclusion que le mari a agi par jalousie, car son épouse lui avait demandé à plusieurs reprises de se séparer. «Le divorce n’est pas une provocation, c’est un droit», a tonné la juge, mercredi. Lundi, lors de la première journée d’audience, le prévenu, accompagné d’un traducteur, avait affirmé qu’il n’était pas l’auteur des coups, une autre personne se trouvant dans la chambre. Il a considéré que tout le monde mentait, y compris trois de ses enfants qui l’ont mis en cause durant l’enquête.
Son avocat a plaidé pour l’acquittement, considérant que son client était dans un état second, mentalement absent pendant les faits. Se trouvant pris dans «une bouffée délirante», l’accusé se serait, selon la défense, battu contre quelqu’un qu’il n’identifiait pas comme étant son épouse.
La juge a estimé que tous les témoignages étaient crédibles et que le prévenu était pleinement conscient de ce qu’il faisait. Il devra suivre une thérapie en prison. Au terme de sa peine, il sera expulsé du territoire suisse durant quinze ans.