Souvenir morbideAccrocher le tatouage d’un proche défunt au mur
Une entreprise américaine propose aux proches de défunts de conserver les tatouages de ces derniers. Mais qu’en est-il en Suisse?

Save My Ink Forever est le nom d’une entreprise américaine qui propose aux familles et aux proches de défunts de conserver les tatouages de ces derniers en guise de souvenir. Une fois mis sous cadre, le tatouage peut être accroché au mur telle une œuvre d’art. Vous trouvez cela de mauvais goût?
«Ce n’est pas parce que c’est possible qu’il faut le faire» et «Ça me donne la chair de poule…» figurent parmi les nombreux commentaires sous la vidéo. Certains internautes, en revanche, font preuve de compréhension par rapport au fait d’accrocher au mur un souvenir hors du commun d’un proche défunt. Après tout, c’est leur choix. Certains se font bien inhumer dans un cercueil rose Barbie.
Réservé aux tatouages professionnels
L’entreprise a été fondée par Michael et Kyle Sherwood, un duo père - fils originaires de l’Ohio. À réception de l’échantillon de peau tatoué, celui-ci est soumis à un traitement spécial avant d’être encadré sous verre anti-UV de qualité de musée. Sur leur compte Instagram se trouvent différents exemples de tatouages, tant de petites que de plus grandes tailles. Seuls ceux réalisés par des professionnels sont conservés, la société n’étant pas en mesure de garantir le degré de résistance des tatouages amateurs.
Même si la demande peut en principe être faite auprès de n’importe quelle entreprise de pompes funèbres, Save My Ink Forever propose également une liste d’entreprises avec lesquelles elle a l’habitude de collaborer et ce, depuis 2016. Les prix varient selon la taille du tatouage. Une telle chose est-elle également envisageable en Suisse?
«Le retrait devrait être effectué par un médecin»
Jusqu’à présent, Adrian Hauser, président de la section alémanique de l’Association suisse des services funéraires, n’a pas encore eu écho d’une telle demande. «Beaucoup de choses sont réalisables quand il s’agit de respecter le vœu d’un proche», explique-t-il. Selon lui, cette tendance finira aussi, tôt ou tard, par arriver en Suisse.
Le processus serait toutefois différent. Et pour cause: «En Suisse, un croque-mort n’a pas le droit de retirer la peau d’un cadavre avec un scalpel. Pour réaliser cette intervention, il faudrait faire appel à un médecin ou avoir suivi une formation appropriée. De la même manière, un pacemaker ne peut être retiré que par un médecin ou un croque-mort formé à cet effet», explique Adrian Hauser. Et d’ajouter: «Nous disposons certes de cette formation, mais je ne me permettrais pas pour autant d’enlever un tatouage sur une personne décédée».
Meret Steiger (mst) travaille depuis 2016 pour 20 Minuten. Elle est rédactrice pour les rubriques Living et Auto&Mobilité et écrit des articles sur l'habitat, l'aménagement intérieur et l'architecture.
