«Thérapies de bien-être»Grosse charge d’une élue contre le remboursement des séances psy
Une conseillère nationale UDC estime que la collectivité ne doit pas payer pour les thérapies qui ne relèvent pas de maladies mentales. Sa position consterne les psychologues.

Monsieur va chez son psy parce qu’il s’est fait larguer par sa copine et se sent triste, Madame y va parce que son humeur fait du yoyo et le tout à la charge de l’assurance maladie. La conseillère nationale Martina Bircher (UDC/AG) veut que ça cesse. Elle a déposé une motion au parlement pour que les séances psy pour des «problèmes du quotidien qui ne sont pas des maladies» ne soient plus remboursées. Sa proposition: si, après trois séances, un psy n’a pas «diagnostiqué une maladie dans les règles de l’art», le traitement doit être interrompu ou au moins ne plus être remboursé par l’assurance de base.
Sans surprise, cette charge ne plaît pas du tout aux thérapeutes. Selon la Fédération suisse des psychologues (FSP), la motion «est indéfendable à plusieurs égards». «Contrairement à l’affirmation erronée de l’auteure, seules les prestations traitant des troubles ayant valeur de maladie sont prises en charge par l’assurance maladie obligatoire», note son porte-parole, Florian Näf.
Le Conseil fédéral vient de donner son avis et il confirme. «La loi précise déjà que seules les prestations ayant le caractère de maladie sont remboursées», écrit-il. Pour que ce soit le cas, le patient doit avoir une prescription médicale, «qui présuppose en principe toujours une évaluation préalable du caractère de maladie». Mais il avoue en même temps qu’il n’a aucun moyen d’affirmer que c’est toujours le cas: on peut se faire prescrire des séances et, ensuite, y parler de ses petits soucis.
Le gouvernement reporte la responsabilité du contrôle aux assureurs, qui sont en droit d’examiner «au cas par cas» les remboursements. «Si la prestation ne répond pas aux critères, les assureurs maladie sont en droit de refuser sa prise en charge, y compris s’il y a une prescription médicale», confirme Christophe Kaempf, porte-parole de SantéSuisse.
Des préjugés à combattre
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Yannick Weber (ywe) est chef de rubrique Suisse/Régions chez 20 minutes où il travaille depuis 2017. Ses domaines: politique, économie et consommation.
