BL: Elle obtient 5,6 de moyenne, mais son prof lui barre la route

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Bâle-CampagneElle obtient 5,6 de moyenne, mais son prof lui barre la route

Une élève bâloise de l’école primaire s’est vu refuser l’accès à la voie prégymnasiale malgré des résultats excellents. Personne ne comprend cette décision.

Image d’illustration.
Image d’illustration.20min/Michael Scherrer

Une élève de 5e primaire de Bâle-Campagne a récemment vu ses aspirations à faire des études stoppées net. Pourtant, les notes de son bulletin sont excellentes: 5,67 de moyenne. Mais son prof de classe n’a pas voulu qu’elle s’engage sur la voie prégymnasiale: il l’a classée dans la filière «E», davantage tournée vers les formations professionnelles. Un 5,25 doit normalement suffire pour suivre le cursus menant à une maturité, mais, en Suisse alémanique, les enseignants ont une marge d’appréciation. Officiellement, on parle d’une «recommandation», mais dans les faits, il s’agit d’une décision définitive qui ne peut être contestée par voie de recours.

Les parents de l’élève se disent «sans voix». Une association qui milite pour améliorer le système éducatif dans les deux demi-cantons bâlois a rendu publique l’affaire cette semaine. Même la conseillère d’État en charge de l’éducation, Monica Gschwind, dit son incompréhension et son impuissance face à cette situation. Le point de vue de l’enseignant concerné n’est pas connu pour l’instant.

Impact négatif pour la suite

L’élève pourrait passer des examens spécifiques pour intégrer la filière gymnasiale. Néanmoins, seuls 5% des candidats sont repêchés par ce biais. La difficulté de ces épreuves, pour lesquelles les jeunes écoliers ne sont pas préparés, est régulièrement critiquée, notamment par des pédagogues. Un autre espoir pourrait venir du dernier entretien prévu en décembre. Il se pourrait que le professeur mette de l’eau dans son vin puisque les autorités cantonales, bien qu’elles n’aient pas de pouvoir de décision sur ce cas, ont pris contact avec l’école concernée.

Et le demi-canton n’en est pas à son premier scandale du genre. Cet été, une élève de 13 ans qui avait 5 de moyenne avait fait les gros titres car elle avait été recalée dans la plus mauvaise catégorie par un prof. Ce genre de décision a des conséquences bien réelles, alerte Sandra Hafner, sociologue de la pédagogie. Tout déclassement à ce moment-là du cursus a un impact négatif sur les chances d’accéder plus tard à d’autres formations, prévient-elle.

Changement de loi prévu

Face à ce cas, la conseillère d’État Monica Gschwind promet d’agir. L’élue a demandé une modification de la législation pour qu’à l’avenir, la recommandation de passage dans les filières puisse être examinée par une instance supérieure dans les cas litigieux. Mais ce futur changement n’aura pas d’effet dans ce cas précis puisque aucune échéance n’a encore été fixée.
(lha/jba)

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